George W. Bush, le 25 septembre 2007 © TF1/LCIQui a voulu cette conférence ?
George W. Bush. A l'instar de ses prédécesseurs, le président américain, qui quittera la Maison-Blanche en janvier 2009, veut profiter de la fin de son mandat pour aider à la solution du conflit israélo-palestinien. Annapolis est son plus sérieux effort depuis 2001.
Qui participe à la conférence ?
Outre les Etats-Unis, les deux principaux protagonistes, évidemment : l'Autorité palestinienne, représentée par son président Mahmoud Abbas -mais pas par le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en juin et qui a déjà rejeté ce qui sortirait de la réunion-, et Israël, représenté par son Premier ministre, Ehud Olmert.
Les pays de la Ligue arabe participent également à la réunion, mais au simple niveau ministériel. La Syrie a attendu dimanche pour annoncer sa présence Elle la faisait dépendre de l'inclusion de la question du plateau du Golan, occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981, à l'ordre du jour. L'Arabie saoudite sera représentée par son ministre des Affaires étrangères. C'est la première fois qu'un haut représentant du royaume se retrouvera à la même table qu'un Premier ministre israélien pour discuter du processus de paix au Proche-Orient.
Au total, une cinquantaine d'Etats et d'organisations internationales, dont l'Onu, sont également conviés à Annapolis, mais pas l'Iran.
Comment se déroule la conférence ?
Lundi soir, avant même l'ouverture officielle de la conférence, George W. Bush a tout d'abord eu deux entretiens séparés avec Ehud Olmert puis Mahmoud Abbas. Tous se sont dits optimistes et ont fait part de leurs espoirs sur la réussite du sommet. Ehud Olmert a toutefois déclaré que les Palestiniens devaient faire cesser les attaques depuis la bande de Gaza avant la mise en oeuvre d'un futur accord de paix. George W. Bush devait ensuite s'adresser aux délégations lors d'un discours.
Mardi, une réunion tri-partite Bush-Olmert-Abbas précédera un nouveau discours du président américain. La conférence proprement dite pourra alors commencer avec des discussions réunissant toutes les délégations sur plusieurs thèmes comme l'aide économique à l'Autorité palestinienne ou le rôle de la communauté internationale.
Mercredi, George W. Bush rencontrera une nouvelle fois séparément Ehud Olmert Mahmoud Abbas.
Quels sont les buts de la conférence ?
Il ne s'agit pas de trouver une solution définitive au conflit israélo-palestinien, mais uniquement de lancer de nouvelles négociations sur de bonnes bases. Le processus de paix est en effet au point mort depuis plus de sept ans. L'objectif final est la création d'un futur Etat palestinien, vivant en pays aux côtés de l'Etat hébreu. Tous les participants sont d'accord sur ce principe général, mais les modalités de mise en œuvre et d'application achoppent sur de nombreux points.
Quels sont les points d'achoppement ?
Ce sont les questions clés qui font débat depuis plusieurs années : les frontières de l'Etat palestinien et le retour aux délimitations de la "ligne verte" d'avant la guerre des Six Jours de 1967, le statut de Jérusalem, dont les Palestiniens veulent également faire leur capitale, et le sort des réfugiés du premier conflit israélo-arabe de 1948. Malgré bien des efforts diplomatiques américains, les négociateurs israéliens et palestiniens n'étaient pas parvenus lundi soit à rédiger un document commun sur ces questions pour leurs futures négociations.
George W. Bush risque notamment de se heurter à la situation sur le terrain -où les colonies, la barrière de séparation et les barrages israéliens ont morcelé la Cisjordanie en îlots isolés- et à la méfiance qui règne entre les protagonistes après des années de violence.
Pour ne rien arranger, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ne sont pas dans les meilleures conditions dans leur propre pays : le premier, ébranlé par la guerre au Liban et par des scandales de corruption, bat des records d'impopularité. Le second ne contrôle plus Gaza, livré à ses adversaires du Hamas. Et leurs opposants ont fait entendre leur voix lundi. Côté israélien, des milliers de colons sont descendus dans la soirée devant le Mur des Lamentations à Jérusalem : pas question pour eux de signer un accord avec Abbas qui mènera forcément à la prise de pouvoir du Hamas. Chez ce dernier, même son de cloche. "Nous ne cèderons pas un pouce de Palestine et nous ne reconnaîtrons jamais Israël", a annoncé Ismaïl Haniyeh, leader du mouvement islamiste.
Que peut-on attendre de la conférence ?
Si George W. Bush ne parvient pas à débloquer la situation, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas devraient se borner à réaffirmer leurs engagements antérieurs en faveur de deux Etats séparés et à la mise en pratique de leurs obligations de la "feuille de route" de 2003 (le gel des colonisations pour Olmert, la mise au pas des activistes pour Abbas).
Un gros point d'optimisme néanmoins : la présence des pays arabes, notamment l'Arabie saoudite et la Syrie, pré-victoire diplomatique pour l'administration Bush.
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