Mahmoud Abbas, lors d'un discours à la télévision palestinienne © TF1/LCIAvant même le début de la conférence internationale des donateurs pour l'Etat palestinien, qui s'ouvre ce lundi à Paris, les rencontres se sont enchaînées. Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est entretenu dimanche soir avec Nicolas Sarkozy, hôte de la réunion et qui prononcera le discours d'ouverture. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a rencontré le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad. Dans l'avion la conduisant à Paris, la chef de la diplomatie américaine a fait savoir que les Etats-Unis allaient apporter une aide de 550 millions de dollars aux Palestiniens en 2008. De son côté, l'Allemagne a annoncé dimanche qu'elle allait octroyer 200 millions d'euros d'ici à 2010 à l'Autorité palestinienne.
La conférence de Paris découle directement de celle qui s'est tenue le mois dernier à Annapolis sous l'égide des Etats-Unis, afin de lancer un processus de paix devant aboutir à la création d'un Etat palestinien. Fait significatif, le titre choisi originellement ("Conférence internationale sur la reconstruction des territoires palestiniens") a été modifié il y a quelques jours à peine par Paris, dans le but affiché de tenir compte des avancées de la réunion d'Annapolis, qui s'était conclue sur un engagement politique de tenter de parvenir à un Etat palestinien avant la fin 2008. Et l'argent déjà promis par les Etats-Unis a aussi un but clair : renforcer le président palestinien face aux islamistes du Hamas - mouvement qui a célébré ses 20 ans d'existence par une manifestation de masse ce week-end à Gaza - au moment où Mahmoud Abbas ouvre des discussions de paix avec les Israéliens, les premières depuis sept ans.
"Derrière le soutien financier, il y a un appui politique"
Si la réunion est à dominante économique, elle se veut donc partie intégrante d'un processus de paix plus large. "Derrière le soutien financier, il y a un appui politique", fait valoir un diplomate français. Les sommes recueillies devront aller aux Palestiniens de Cisjordanie, contrôlée par l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, mais aussi à ceux de la bande de Gaza, dominée par le mouvement islamiste Hamas. Des garanties ont été prises pour que les sommes destinées à Gaza ne servent pas à financer l'organisation radicale anti-israélienne, assure-t-on côté français comme palestinien.
L'Autorité palestinienne attend des donateurs quelque 5,6 milliards de dollars sur trois ans pour financer les projets les plus urgents, alors que l'économie palestinienne reste lourdement pénalisée par les restrictions à la circulation imposées par l'Etat hébreu au nom de la sécurité. La conférence de Paris devrait d'ailleurs plaider pour un assouplissement progressif des restrictions israéliennes... mais aussi pour un effort accru des Palestiniens en matière de sécurité.
D'après agence
| Tour de table des invités |
La France co-préside la Conférence des donateurs avec la Norvège, traditionnellement présente sur ce dossier, la Commission européenne et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du quartette international pour le Proche-Orient. Paris a invité les ministres des Affaires étrangères de 69 pays - ceux qui étaient présents à Annapolis ainsi que tous les pays de l'Union européenne et d'autres acteurs politiques et économiques importants. On y trouvera ainsi, notamment, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni. |
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