Bassorah revient sous contrôle irakien

le 16 décembre 2007 à 10h03 , mis à jour le 16 décembre 2007 à 14h38

Le transfert de responsabilité opéré ce dimanche marque symboliquement la fin de près de cinq ans de contrôle britannique sur le sud de l'Irak.

La cérémonie de transfert du contrôle de Bassorah aux autorités irakiennes (16 décembre 2007)La cérémonie de transfert du contrôle de Bassorah aux autorités irakiennes (16 décembre 2007) © TF1/LCI

Le transfert était prévu, longuement préparé ; ce dimanche, officiellement, la sécurité de la province de Bassorah est passée sous la responsabilité des autorités irakiennes. Prélude à ce passage de témoin, début septembre, les 550 soldats britanniques qui occupaient jusqu'alors l'élégant palais construit par Saddam Hussein sur les rives du Chatt el-Arab, le bras d'eau qui marque la frontière entre l'Iran et l'Irak, s'étaient repliés vers une base aérienne fortifiée, à 25 km de la ville. Désormais, le Royaume-Uni dispose de 4500 hommes en tout et pour tout en Irak, moins du dixième de la force envoyée en 2003 pour renverser Saddam Hussein par le Premier ministre britannique de l'époque, Tony Blair. Son successeur, Gordon Brown, a dit que la force serait ramenée à 2500 hommes d'ici la mi-2008.

"C'est un moment historique, un jour particulier, l'un des plus grands jours de l'histoire moderne de Bassorah", a déclaré le gouverneur de la province, Mohammed Mosbah al Waeli, lors d'une cérémonie organisée dans l'enceinte de la dernière base militaire britannique de la région. Les autorités irakiennes affichent désormais leur confiance dans leur capacité à contrôler la province et à y assurer la sécurité. De fait, sur le terrain, depuis début septembre, la présence britannique est devenue beaucoup plus discrète, puisque la totalité du contingent d'Irak est déjà concentrée autour de l'aéroport près de Bassorah. Ce qui a laissé le champ libre aux milices rivales et aux groupes criminels qui se disputent l'argent du pétrole détourné.

Affrontements pour l'argent du pétrole

Deuxième ville d'Irak avec ses deux millions d'habitants, et principale voie d'exportation du pétrole irakien, Bassorah est ainsi le théâtre d'une violente rivalité entre les hommes du chef radical chiite Moqtada Sadr, ceux du Conseil suprême islamique d'Irak d'Abdel Aziz Hakim, et ceux du parti Fadhila. La police de Bassorah accuse aussi les activistes d'imposer de stricts codes islamiques et de tuer des femmes censées avoir porté atteinte à l'honneur de leur famille. Mais Bassorah n'en est pas moins une ville riche, animée, avec une atmosphère très éloignée de celle de Bagdad, où la peur pousse à se barricader chez soi.

Les factions sont convenues ce mois-ci d'une trêve et les violences ont diminué. Un triple attentat à la voiture piégée qui a fait 40 morts cette semaine dans la province voisine de Maysan est néanmoins venu rappeler que des flambées de violence restent possibles dans les régions évacuées par les Britanniques. Quant aux forces britanniques, leur calvaire touche à sa fin : leur transfert dans la base fortifiée des environs de Bassorah a largement mis fin aux attaques dont elles étaient les cibles. Des attaques qui s'étaient intensifiées après l'annonce par Tony Blair, alors Premier ministre, de son projet de retrait de Bassorah : sur les 138 membres de leur contingent tués par l'ennemi en Irak, plus de 30 seront tombés pendant la période de quatre mois comprise entre avril et juillet 2007.

D'après agence

le 16 décembre 2007 à 10:03
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Wanda la survireuse, le 16/12/2007 à 20h02

    Ils partent en laissant un pays en pleine guerre civile. Cette guerre qui devait avoir un coté "humaniste" selon les yankees est un naufrage pour tout l'Occident. L'Irak est défaite militairement, son président pendu mais le pays est mis a sac par une horde de mercenaires que les Arabes ne sont pas près de nous pardonner.

Lire tous les commentaires

      logAudience