Les secours sur les lieux de l'attentat de Baada mercredi 12 décembre © TF1/LCI![]() |
| Le général el-Hajj, un proche du candidat favori à la présidence |
L'explosion s'est produite mercredi matin dans la banlieue de Beyrouth, à Baabda, une zone chrétienne au sud-est de la capitale libanaise, en pleine heure de pointe. Deux personnes ont été tuées et huit blessées, selon un dernier bilan de l'armée et la Croix-Rouge libanaises, revu à la baisse. "Le général François el-Hajj et son garde du corps ont été tués dans l'explosion", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée sous couvert d'anonymat.
Le général el-Hajj était le chef des opérations l'été dernier lors des combats entre l'armée libanaise et les islamistes du Fatah al-Islam dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared. C'est un proche du candidat favori à la présidence, le chef de l'armée Michel Sleimane dont il était pressenti pour prendre la place. L'explosion s'est produite au passage de la voiture de l'officier.
Un ambassadeur européen qui habite le quartier a précisé à l'AFP sous couvert de l'anonymat que l'explosion avait été "très forte" et s'était produite à une heure de pointe où la circulation est très importante. Outre le palais présidentiel, de nombreuses ambassades sont installées dans le quartier de Baada.
Grave crise politique
Cette explosion se produit alors que le Liban est plongé dans une grave crise politique, illustrée par l'incapacité des partis à s'entendre pour élire un président de la République. Le président du Parlement Nabih Berri a annoncé lundi soir que la séance prévue mardi pour l'élection du président avait été de nouveau reportée, au lundi 17 décembre.
Les milieux politiques libanais évoquent désormais l'impossibilité d'organiser un vote du Parlement avant la fin de l'année, voire mars prochain, début de la prochaine session ordinaire du Parlement, alors que le président Emile Lahoud a quitté ses fonctions au terme de son mandat le 23 novembre sans qu'un successeur ne lui ait été trouvé. Mardi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa "profonde préoccupation" devant les reports successifs de l'élection présidentielle au Liban et mis en garde contre les risques de détérioration de la situation dans le pays.
Condoléances de la Syrie
Cet attentat est "une action lâche" qui "participe d'une volonté évidente de déstabilisation" du Liban, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Un responsable syrien a affirmé pour sa part qu'"Israël et ses agents au Liban étaient les bénéficiaires de l'assassinat" d'un haut responsable de l'armée libanaise, François el-Hajj, près de Beyrouth. "L'institution militaire libanaise jouit d'un grand respect de la part de la Syrie qui présente ses sincères condoléances à l'armée libanaise, à ses dirigeants et à la famille de François el-Hajj", a poursuivi le responsable qui a requis l'anonymat. L'Union européenne a quand à elle condamné l'attentat terroriste "odieux".
(D'après agence)
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