George W. Bush rencontrant Mahmoud Abbas à Ramallah (9 janvier 2008) © TF1/LCIQuadrillée par la sécurité, Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, a reçu ce jeudi sans grand enthousiasme la visite de George W. Bush, premier président américain à en fouler le sol. La Mouqataa, le QG de Mahmoud Abbas, avait été transformée en véritable forteresse et ses alentours interdits à la circulation.
Bush a dû se livrer à un exercice difficile, au deuxième jour de sa visite au Proche-Orient, lors de son entretien avec le président palestinien. Entretien dont il est ressorti en affichant le même inébranlable optimisme et en se disant convaincu qu'un accord de paix serait conclu dans l'année entre Israéliens et Palestiniens. "Je crois qu'avec l'aide nécessaire un Etat palestinien sera fondé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec Mahmoud Abbas, invitant toutefois ce dernier et le Premier ministre israélien Ehud Olmert à faire "des choix difficiles". Abbas s'est quant à lui félicité de l'engagement de son hôte, et l'a invité à faire pression sur les autorités israéliennes en faveur d'un allégement des entraves aux déplacements et du gel de la colonisation.
Aucune rencontre Abbas-Bush-Olmert au calendrier
Satisfaction affichée donc côté pile : une image historique (le premier président américain en exercice se rendant à la Mouqata) et des déclarations volontaristes. Mais côté face, le bilan concret de ce voyage risque de ne pas peser lourd. La principale interrogation est de savoir comment Abbas, soutenu par les occidentaux, est en mesure d'avancer vers la paix alors qu'il ne gouverne de fait que la Cisjordanie, tandis que le Hamas contrôle la bande de Gaza. Cette partition des Territoires passe pour un obstacle majeur sur la voie d'un règlement de soixante ans de conflit entre Israéliens et Palestiniens. La Maison Blanche essaie de la présenter comme une chance : il s'agirait de soutenir politiquement et financièrement Abbas, les modérés et la Cisjordanie avec l'espoir de rallier à terme la bande de Gaza, où le Hamas refuse de reconnaître le droit à l'existence d'Israël et les aspirations à la prospérité et à la liberté, selon les mots de George W. Bush. En attendant, les roquettes continuent à tomber sur Israël à partir de la bande de Gaza où des milliers de sympathisants du Hamas ont manifesté au cours des derniers jours contre la venue dans la région du président américain.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a accepté en novembre à la conférence d'Annapolis de rechercher un accord de paix avec Abbas avant fin 2008. Mais lui-même et George W. Bush ont lié mercredi un règlement à un arrêt des attaques contre Israël. Les Palestiniens, pour leur part, réclament un arrêt des raids et des implantations sauvages israéliennes dans les Territoires. Les colonies illégales "doivent disparaître", a admis mercredi le président américain, après avoir réclamé une nouvelle fois la fin des tirs de roquettes. Mais Ehud Olmert a pris soin de souligner qu'il n'avait pris aucun nouvel engagement auprès de George W. Bush.
La Maison Blanche a ainsi déconseillé d'attendre une avancée spectaculaire d'un périple qui, après trois jours en Israël et dans les Territoires, emmènera le président américain dans le Golfe jusqu'au 16 janvier. Et aucune rencontre trilatérale Abbas-Bush-Olmert n'est prévue à ce stade.
D'après agence
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