Bachar al-AssadAprès onze échecs successifs du Parlement libanais à désigner un nouveau chef de l'Etat, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé dimanche au Caire que la France cessait ses contacts avec Damas jusqu'à l'élection à Beyrouth d'un président "de large consensus". La réponse syrienne est venue mercredi : "La Syrie a décidé de cesser sa coopération avec la France sur la crise libanaise", a rétorqué le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem lors d'une conférence de presse à Damas. Et il a accusé la France de faire porter à la Syrie et à l'opposition libanaise la responsabilité de l'échec de sa médiation.
La France a aussitôt rappelé qu'elle conditionnait la reprise d'un dialogue avec la Syrie à sa "bonne foi" dans la crise politique libanaise. "Ce que nous avons dit aux Syriens, c'est que nos contacts politiques prenaient fin jusqu'à ce que la Syrie démontre sa bonne foi et qu'un président de large rassemblement soit élu au Liban", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani.
Le Liban sans président depuis fin novembre
Le Liban est privé de président depuis fin novembre en raison d'un conflit entre la majorité soutenue par l'Occident et l'opposition proche de Damas et Téhéran. Le Parlement libanais ne parvient pas à élire un successeur au président prosyrien Emile Lahoud, dont le mandat s'est achevé le 23 novembre. Le chef de l'armée du Liban, Michel Sleimane, fait figure de candidat consensuel, mais l'opposition réclame de discuter avant son élection de la composition du futur gouvernement, ce que refuse la majorité. Les deux camps s'affrontent également sur le vote d'un amendement à la Constitution, nécessaire pour permettre l'élection du général Sleimane.
Une douzième tentative est prévue le 12 janvier mais Paris a perdu patience et annoncé un boycottage de Damas accusé de bloquer la situation avec ses alliés de l'opposition libanaise. "Il est venu le temps pour les Syriens de prouver dans les faits ce qu'ils ne cessent de proclamer dans les discours", a ainsi affirmé Nicolas Sarkozy au Caire. "Il y a un seul acte qui m'intéresse, l'élection d'un président au Liban".
Mais pour le chef de la diplomatie syrienne, le blocage vient du chef de la majorité parlementaire libanaise, Saad Hariri, alors qu'un accord était intervenu le 28 décembre entre la Syrie et la France "sur une solution globale au Liban", prévoyant notamment l'élection d'un président de consensus et la formation d'un gouvernement d'union nationale. Et, dans sa riposte à Nicolas Sarkozy, il a pointé ce que Damas considère comme une contradiction : "D'une part on demande à la Syrie de ne pas intervenir au Liban et d'une autre, on lui demande d'utiliser son influence sur ses alliés libanais".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





