Liban: majorité et Hezbollah mobilisent leurs partisans

le 14 février 2008 à 10h50 , mis à jour le 14 février 2008 à 15h32

Les anti-syriens commémoraient jeudi les trois ans de l'attentat contre Rafic Hariri alors que la milice chiite enterrait son dirigeant tué mercredi.

manifestation beyrouth 14 février 2008Manifestation de la majorité anti-syrienne à Beyrouth, le 14 février 2008 © TF1/LCI

Alors que la crise politique continue -le pays est sans président depuis fin novembre en raison des divergences entre majorité et opposition pour trouver le successeur d'Emile Lahoud-, cette journée de jeudi était placée sous haute tension à Beyrouth.

La majorité mobilise en l'honneur d'Hariri
 
D'un côté, des centaines de milliers de partisans de la majorité parlementaire antisyrienne se sont rassemblés sur la Place des Martyrs, dans le centre de la capitale, pour marquer le 3e anniversaire de l'assassinat Rafic Hariri. Encadrés par un impressionnant dispositif de sécurité mis en place par l'armée et la police, les manifestants, brandissant des drapeaux libanais et des portraits de Rafic Hariri, ont scandé des slogans réclamant l'élection d'un président de la République par le Parlement. 

"Nous voulons un président de la République et nous vous assurons que nous aurons un président", a ainsi lancé à la foule Saad Hariri, fils du Premier ministre assassiné et pilier de la majorité. Il a notamment accusé l'opposition de prévenir l'élection du chef de l'armée Michel Sleimane, pourtant considéré comme un candidat "consensuel". Le leader druze Walid Joumblatt s'en est lui de nouveau pris à la Syrie, ancienne puissance tutélaire au Liban, et à l'Iran, qui soutiennent l'opposition, affirmant que la majorité "ne livrera pas le Liban".
 
A quelques dizaines de mètres de là, une statue de l'ancien Premier ministre a été inaugurée devant l'hôtel Saint-Georges, sur le bord de mer, où s'était produite le 14 février 2005 l'explosion de la voiture piégée qui avait tué Rafic Hariri. Une enceinte de fer a également été installée sur la Place des martyrs pour séparer les partisans de la majorité de ceux de l'opposition qui y tiennent depuis plus d'un an un sit-in dans des tentes.

Le Hezbollah accuse Isräël 

De son côté, le Hezbollah, membre de l'opposition pro-syrienne, a également mobilisé plusieurs dizaines de milliers de ses militants dans le sud de Beyrouth pour rendre un dernier hommage à Imad Moughnieh, tué mercredi dans un attentat à la voiture piégée à Damas (cliquez ici pour voir notre vidéo). Fondateur de la branche armée du mouvement, il était recherché depuis une vingtaine d'années pour de nombreux attentats et enlèvements par Interpol et les Etats-Unis.

Prenant la parole à travers un écran géant , Hassan Nasrallah, le leader du mouvement chiite, a déclaré que la guerre de 2006 avec Israël n'était "pas encore terminée". "Si les sionistes veulent une guerre ouverte, ils l'auront", a-t-il affirmé - le Hezbollah accuse Israël d'être derrière l'attentat qui a coûté la vie à Moughnieh, ce que nie l'Etat hébreu.

Les funérailles se sont déroulées en présence du chef de la diplomatie iranienne,  Manouchehr Mottaki. Celui-ci a notamment lu un message de son président Mahmoud Ahmadinejad, qui a dénoncé les "opérations criminelles d'Israël".

Vive tension

Ces rassemblements interviennent dans un climat de tensions exacerbées par des attentats politiques, des accrochages armés entre camps rivaux, ayant fait des blessés, et des discours belliqueux évoquant le spectre d'une nouvelle guerre civile. La situation s'est particulièrement tendue après une manifestation de l'opposition fin janvier qui s'était soldée par la mort de sept manifestants, dont des membres du Hezbollah, tués par la police.

Israël en état d'alerte


Israël, accusé par le Hezbollah libanais d'être derrière l'assassinat Imad Moughnieh, a renforcé jeudi la sécurité de ses représentations diplomatiques dans le monde de crainte d'attentats. Les forces israéliennes ont également été mises en alerte pour assurer la sécurité de la frontière nord d'Israël, de crainte que le Hezbollah ne tente de se venger.

D'après agence

le 14 février 2008 à 10:50
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5 Commentaires

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  • Francaise du Liban, le 15/02/2008 à 12h47

    La france n'a rien compris le Liban devrait rester un pays pluraliste et pour cela toutes les confessions devraient etre representees au gouvernement donc un gouvernement únite nationale pour que la politique des Hariri qui ont fait du Liban une de leurs societes multinationales soit freinee. Le gouvernement Libanais ést pas un gouvernement elu il ne á jamais ete il est nomme suite a un concensus nationale qui a ete rejete depuis que la majorite des chiites ont demissionne et que la majorite chretienne n'est pas representee. pour palier a cette grave erreur e seul moyen et de retabli un equilibre. Les chiites sont des Libanais et on ne peut pas les jeter a la mer il faut faire avec et etablir une confiance mutuelle qui nous permettra tous reunis d'obtenir la formation d'ue armee de defense nationale.

  • Expatriée suisse, le 14/02/2008 à 22h57

    Je regrette que les mots,les infos,les idées véhiculés par les rédactions ne soient pas soumis à un organisme de contrôle immédiat,indépendant...Bref on peut rêver. Sans rentrer dans une quelconque approche politique pour expliquer le sac de noeuds qu'est le Liban, il faut vraiment prendre les gens pour des imbéciles pour oser parler de "centaines de milliers de partisans". Voyons, regardez sur une carte combien mesure la place des Martyr à Beyrouth et faîtes donc le calcul du nombre maximum possible de personnes entassées et si vous êtes un peu plus curieux,prenez une vue aérienne de la manifestation et commencer à dénombrer.Je vais quand même pas vous mâcher le boulot! Et comme évoqué auparavant par une dame expatriée, SVP utilisez donc un vocabulaire adéquat. "Majorité anty-syrienne": majorité dans quoi? au gouvernement? en population? et anty-syrienne,depuis peu et pour combien de temps encore? Il n'y a qu'une seule constante: le résultat néfaste des mains-mises occidentales.Mais c'est pas demain la veille que nous ferons aussi ce mea culpa.

  • FR, le 14/02/2008 à 18h36

    A rajouter au commentaire de "Expatriée française, Beyrouth", concernant les retournages de vestes, le général Aoun qui a été chassé de Beyrouth par les syriens, et qui se retrouvent aujourd'hui dans le camp pro-syrien, ou Messieurs Joumblat et Geagea qui se massacraient dans la montagne (druzes et maronites) et qui se retrouvent aujourd'hui comme larron en foire. On voit le sérieux des politiciens, et la maturité de leurs supporters.

  • Expatriée française, le 14/02/2008 à 17h11

    Ce qui est surprenant c'est que cette majorité qualifiée d'"anti syrienne" est celle qui dirigeait Le Liban du temps de la tutelle Syrienne sur ce pays. Il fut un temps pas si lointain ou un certain Walid Joumblatt disait au Parlement Européen de ses compatriotes du Hezbollah qu'ils étaient la fierté nationale"... De la mémoire très courte, un record de vitesse de retournage de veste... Incroyable!!! En plus des centaines de milliers rassemblés j'en doute vu le temps super pourri qu'on a eu aujourd'hui.

  • Ch@rles, le 14/02/2008 à 12h50

    À quand un Liban libre et souverain sans intervention étrangère, seul gage de paix et de prospérité ?

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