Manifestation de la majorité anti-syrienne à Beyrouth, le 14 février 2008 © TF1/LCIAlors que la crise politique continue -le pays est sans président depuis fin novembre en raison des divergences entre majorité et opposition pour trouver le successeur d'Emile Lahoud-, cette journée de jeudi était placée sous haute tension à Beyrouth.
La majorité mobilise en l'honneur d'Hariri
D'un côté, des centaines de milliers de partisans de la majorité parlementaire antisyrienne se sont rassemblés sur la Place des Martyrs, dans le centre de la capitale, pour marquer le 3e anniversaire de l'assassinat Rafic Hariri. Encadrés par un impressionnant dispositif de sécurité mis en place par l'armée et la police, les manifestants, brandissant des drapeaux libanais et des portraits de Rafic Hariri, ont scandé des slogans réclamant l'élection d'un président de la République par le Parlement.
"Nous voulons un président de la République et nous vous assurons que nous aurons un président", a ainsi lancé à la foule Saad Hariri, fils du Premier ministre assassiné et pilier de la majorité. Il a notamment accusé l'opposition de prévenir l'élection du chef de l'armée Michel Sleimane, pourtant considéré comme un candidat "consensuel". Le leader druze Walid Joumblatt s'en est lui de nouveau pris à la Syrie, ancienne puissance tutélaire au Liban, et à l'Iran, qui soutiennent l'opposition, affirmant que la majorité "ne livrera pas le Liban".
A quelques dizaines de mètres de là, une statue de l'ancien Premier ministre a été inaugurée devant l'hôtel Saint-Georges, sur le bord de mer, où s'était produite le 14 février 2005 l'explosion de la voiture piégée qui avait tué Rafic Hariri. Une enceinte de fer a également été installée sur la Place des martyrs pour séparer les partisans de la majorité de ceux de l'opposition qui y tiennent depuis plus d'un an un sit-in dans des tentes.
Le Hezbollah accuse Isräël
De son côté, le Hezbollah, membre de l'opposition pro-syrienne, a également mobilisé plusieurs dizaines de milliers de ses militants dans le sud de Beyrouth pour rendre un dernier hommage à Imad Moughnieh, tué mercredi dans un attentat à la voiture piégée à Damas (cliquez ici pour voir notre vidéo). Fondateur de la branche armée du mouvement, il était recherché depuis une vingtaine d'années pour de nombreux attentats et enlèvements par Interpol et les Etats-Unis.
Prenant la parole à travers un écran géant , Hassan Nasrallah, le leader du mouvement chiite, a déclaré que la guerre de 2006 avec Israël n'était "pas encore terminée". "Si les sionistes veulent une guerre ouverte, ils l'auront", a-t-il affirmé - le Hezbollah accuse Israël d'être derrière l'attentat qui a coûté la vie à Moughnieh, ce que nie l'Etat hébreu.
Les funérailles se sont déroulées en présence du chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki. Celui-ci a notamment lu un message de son président Mahmoud Ahmadinejad, qui a dénoncé les "opérations criminelles d'Israël".
Vive tension
Ces rassemblements interviennent dans un climat de tensions exacerbées par des attentats politiques, des accrochages armés entre camps rivaux, ayant fait des blessés, et des discours belliqueux évoquant le spectre d'une nouvelle guerre civile. La situation s'est particulièrement tendue après une manifestation de l'opposition fin janvier qui s'était soldée par la mort de sept manifestants, dont des membres du Hezbollah, tués par la police.
Israël en état d'alerte |
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D'après agence
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