Des soldats turcs lors de l'offensive au Kurdistan irakien contre le PKK, le 26 février 2008 © TF1/LCIAprès celle de décembre, c'est la seconde fois en trois mois que la Turquie mène une opération militaire contre les rebelles kurdes installés de l'autre côté de la frontière avec l'Irak. La première avait duré quelques jours. Celle-ci, plus intense, semble s'installer dans la durée. Elle survient au moment où Américains et Irakiens marquent des points contre les insurgés dans le reste du pays meurtri par la violence.
"La Turquie doit comprendre qu'une telle démarche créerait des troubles dans la région", avait ainsi déclaré le porte-parole du gouvernement irakien, dès avant la première incursion. Il avait averti que la présence de milliers de soldats turcs en territoire irakien déstabiliserait "non seulement la seule région encore sûre d'Irak mais le pays tout entier et l'ensemble de la région".
Nechirvan Barzani, le Premier ministre du gouvernement régional autonome du Kurdistan, prévient pour sa part que l'offensive turque sera un "désastre" pour tout le monde, excepté le PKK. "Les Etats-Unis et les alliés occidentaux seront brouillés avec un allié vital de l'OTAN et les économies et peuples de la région -notamment en Turquie, en Syrie, en Iran et en Irak- en pâtiront", note-t-il, en proposant des négociations impliquant son gouvernement, Ankara, le pouvoir central à Bagdad et Washington. Mais le gouvernement turc refuse de parler aux Kurdes irakiens, les accusant d'aider le PKK.
Confrontation entre alliés des Etats-Unis ?
Le Kurdistan est l'une des rares régions d'Irak où règnent la sécurité et une certaine prospérité depuis l'invasion américaine en mars 2003. L'autonomie dont jouissent ses cinq millions d'habitants a suscité l'espoir parmi les communautés kurdes en Iran, en Turquie et en Syrie et toute instabilité dans cette région se répercuterait probablement sur ces trois derniers pays. Depuis leur alliance avec Washington durant la guerre du Golfe en 1991, les Kurdes d'Irak ont en effet réussi à renforcer leurs liens culturels, linguistiques et économiques avec les Kurdes en Iran, en Turquie et en Syrie.
Washington craint également que l'action unilatérale turque contre le PKK ne provoque une possible confrontation entre ses deux alliés, les Kurdes d'Irak et la Turquie. Enfin, malgré l'amélioration de la situation sur le terrain, les troupes américaines doivent poursuivre leurs opérations de sécurisation. "Il y a du progrès mais manifestement les Américains ne veulent pas d'un autre problème qui pousserait à une utilisation maximale de leurs ressources militaires", explique Mahmoud Othman, un député kurde.
D'après agence
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