© AFP/C. SomodevillaLe candidat républicain à la présidentielle américaine, le sénateur John McCain, en visite à Jérusalem, a affiché mercredi un soutien sans faille à Israël face au Hamas et à l'Iran. Le sénateur de l'Arizona a affirmé comprendre les opérations militaires menées par Israël dans la bande de Gaza pour répliquer aux tirs de roquettes tout en se déclarant hostile à des négociations avec les islamistes du Hamas, qui contrôlent Gaza.
Sur la question clef de Jérusalem, il s'est dit favorable à l'idée que la ville soit reconnue capitale d'Israël, un pas que la communauté internationale n'a jamais voulu franchir. Les Etats-Unis, comme les autres pays étrangers, maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv depuis la création de l'Etat hébreu en 1948 aux termes d'une résolution de l'ONU. Les Palestiniens aspirent à faire de la partie orientale de Jérusalem, qu'Israël a conquise en 1967 puis annexée, la capitale de leur futur Etat.
"Des actions très vigoureuses en guise de réplique"
Interrogé sur le point de savoir si Israël utilisait la bonne tactique pour empêcher les tirs de roquettes, John McCain a répondu dans une interview au quotidien Jerusalem Post: "je crois que si des attaques de roquettes avaient lieu contre une région frontalière des Etats-Unis d'Amérique, le peuple américain exigerait probablement des actions très vigoureuses en guise de réplique". Des roquettes tirées notamment par des combattants du Hamas et du Jihad islamique à partir de la bande de Gaza s'abattent régulièrement sur le sud d'Israël. L'armée israélienne a réagi en multipliant les raids aériens et des opérations terrestres ponctuelles comme celle lancée à la fin février au cours de laquelle 130 Palestiniens ont été tués. Cinq Israéliens, dont quatre soldats, ont aussi été tués dans ces violences depuis le 27 février.
A propos du Hamas, le sénateur McCain, qui s'est rendu fréquemment en Israël, s'est déclaré opposé à des discussions avec ce mouvement. "Quelqu'un va devoir me donner une réponse à la question de savoir comment on peut négocier avec une organisation qui s'est fixée comme objectif de vous éliminer", a-t-il dit. "Si le Hamas et le Hezbollah (libanais) devaient réussir ici, ils l'emporteraient partout ailleurs, non seulement au Moyen-Orient mais partout (...). Ils aspirent à détruire tout ce en quoi croient et tout ce que défendent les Etats-Unis, Israël et l'Occident", a poursuivi le sénateur républicain.
"Le président Abbas veut que le processus soit possible"
A propos de l'Iran, considéré comme l'ennemi numéro un par les dirigeants israéliens, le sénateur a adopté un ton pugnace. "Je pense que l'Iran constitue une menace pour la région". "En fin de compte nous ne pouvons pas nous permettre de voir l'Iran disposer d'armes nucléaires", a-t-il souligné. M. McCain est arrivé à Jérusalem mardi soir dans le cadre d'une tournée qui l'a mené aussi en Irak et en Jordanie.
Le sénateur a rencontré mercredi matin la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni ainsi que le chef de l'opposition de droite Benjamin Netanyahu puis s'est entretenu avec le Premier ministre Ehud Olmert. Il a ensuite survolé le territoire israélien et la Cisjordanie en hélicoptère en compagnie du ministre israélien de la Défense Ehud Barak afin de "se faire une idée des problèmes de sécurité auxquels Israël est confronté". Mardi, il s'était entretenu par téléphone avec le président palestinien Mahmoud Abbas.
A l'issue de sa rencontre avec Mme Livni, le sénateur a affirmé qu'il croyait que le "président Abbas veut que le processus (de négociations avec Israël) soit lancé. Je pense qu'il ne soutient pas le type d'actions qui sont menées à Gaza". Il faisait ainsi référence à la reprise à la fin de l'an dernier des discussions entre Israël le président Abbas, censées aboutir selon les voeux du président américain George W. Bush à un accord de paix d'ici la fin 2008.
(D'après agence)
McCain s'emmêle sur l'Iran et Al Qaïda |
John McCain, candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle aux Etats-Unis qui aime mettre en avant sa maîtrise de la politique étrangère, s'est emmêlé en affirmant mardi que l'Iran chiite soutenait le réseau islamiste sunnite Al Qaïda. McCain répondait à une question lors d'une conférence depresse à Amman, la capitale jordanienne. "Eh bien, il est de notoriété publique et cela a été rapporté dans les médias qu'Al Qaïda s'étend en Iran, qu'il y reçoit un entraînement et qu'il revient en Irak à partir d'Iran. On le sait bien et c'est malheureux", a-t-il dit. Le sénateur du Connecticut Joe Lieberman, qui se trouvait aux côtés de McCain, s'est alors penché vers lui pour lui chuchoter un rectificatif à l'oreille, rectificatif que le sénateur de l'Arizona s'est empressé de reprendre. "Pardon, les Iraniens forment les extrémistes, pas Al Qaïda. Pas Al Qaïda, je suis désolé", a-t-il dit. Le Parti démocrate s'est aussitôt emparé de ce faux pas sur le thème de l'"incompétence". "Après huit années d'incompétence de l'administration Bush sur l'Irak, les propos de McCain ne donnent pas au peuple américain une raison de penser qu'on lui peut faire confiance pour apporter une voie claire pour aller de l'avant", a dit Karen Finney, directrice de la communication du Comité national du Parti démocrate. |
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