L'opération contre Moqtada Sadr embrase le sud chiite

le 27 mars 2008 à 18h14 , mis à jour le 27 mars 2008 à 18h23

Démarrée mardi à Bassorah, la tentative de mise au pas de l'imam radical et de son armée du Madhi entraîne des combats dans plusieurs villes du pays.

irak combat à bassorah chiiteCombats inter-chiites à Bassorah, le 27 mars 2008 © TF1/LCI

QUEL EST LE CONTEXTE DES EVENEMENTS ?
Bassorah, la deuxième ville d'Irak située au sud du pays, est majoritairement chiite et surtout le principal centre pétrolier. Différentes milices chiites se livrent à une lutte d'influence depuis le retrait des troupes britanniques en décembre dernier pour redonner le pouvoir aux Irakiens. Les soldats britanniques ne contrôlent que l'aéroport.
 
Les principales formations concernées sont l'Armée du Madhi de l'imam radical Moqtada Sadr (la milice la plus puissante du pays) et l'Alliance unifiée irakienne, une coalition composée du parti Dawa du Premier ministre Nouri al-Maliki et surtout du  Conseil suprême islamique irakien, dirigé par Abdel Aziz al-Hakim, le rival de Moqtada Sadr.
 
Affirmant que le gouvernement favorisait le Conseil suprême islamique irakien, Moqtada Sadr, dont l'influence est aussi très importante à Bagdad, avait quitté cette alliance en septembre dernier. Les deux camps menaient depuis en coulisses une bataille politique féroce pour le contrôle de Bassorah -et donc du pétrole- en observant une trêve informelle plus ou moins bien respectée. 

 
QUE SE PASSE-T-IL EXACTEMENT ?
Mardi, l'armée irakienne a lancé une offensive de grande envergure à Bassorah baptisée "Charge des Chevaliers" pour mettre au pas l'Armée du Madhi. Le Premier ministre, dont les propos contre les "hors-la-loi" et les "gangs" sont fermes, supervise lui-même l'opération sur place. Cette dernière est la plus importante menée par l'armée irakienne. Elle ne bénéficie en effet que d'un soutien limité de son homologue américaine.
 
Très rapidement, les combats et les manifestations se sont développés dans plusieurs villes du sud du pays, là où l'Armée du Madhi est influente. A Bagdad, les affrontements se déroulent le quartier chiite de Sadr City contre l'armée américaine , partie prenante dans ce secteur de la capitale. Ce bidonville de deux  millions de personnes réclame la démission de Maliki.
 
Moqtada Sadr, qui officiellement continue de respecter la trêve, a appelé à la grève générale et à la désobéissance civile. Jeudi soir, il contrôlait encore la majeure partie de Bassorah.
 
 
QUEL EST LE BILAN ?
Il est très difficile à établir. En regroupant les différentes sources, le chiffre plausible disponible jeudi soir était évalué à environ 150 morts.

 
QUELLES SONT LES CONSEQUENCES EVENTUELLES ?
Cette opération montre une nouvelle fois toutes les divisions internes en Irak. Outre l'opposition sunnite-chiite, elle met en exergue l'hostilité entre les chiites eux-mêmes. Ceux-ci sont divisés en deux clans, entre ceux qui participent au gouvernement et ceux qui s'y opposent.

Si le gouvernement n'obtient pas de résultat, il pourrait se retrouver face à une contestation de vague ampleur dans tout le sud du pays. Le pouvoir irakien, déjà fragile, serait alors une nouvelle fois confronté à des menaces réelles de déstabilisation.

le 27 mars 2008 à 18:14
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