Abdullah Gül le 14 sept 2006 © LCIUn peu moins de trois semaines après son dépôt par le procureur de la Cour de Cassation, le recours demandant l'interdiction du parti au pouvoir, l'AKP, accusé d'activités anti-laïques, a été jugé recevable lundi par la Cour constitutionnelle turque. La décision a été prise à l'unanimité des 11 juges, a annoncé le vice-président de la Cour, Osman Paksüt. Une majorité des juges a également décidé d'inclure dans le procès le chef de l'Etat Abdullah Gül, un ancien cadre de l'AKP.
Cette décision lance formellement le procès à l'encontre de ce parti au pouvoir depuis 2002. Le procureur de la Cour de Cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, avait déposé le 14 mars son recours auprès de la Cour constitutionnelle. Dans un long réquisitoire, il demandait que l'AKP soit dissout et que 71 de ses cadres, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, soient interdits de politique pendant cinq ans. Il accuse en effet l'AKP d'être devenu un "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité".
La Commission européenne a "pris note" de la décision de la Cour constitutionnelle, mais attend de plus amples informations avant de la commenter. Désormais, la cour va se pencher sur le fond du dossier. L'AKP dispose d'un délai d'un mois, extensible, pour déposer sa première défense. L'AKP, issu de la mouvance islamiste et qui a largement remporté les dernières élections législatives de juillet 2007, affirme avoir rompu avec l'islam politique et se définit comme un parti "démocrate conservateur". Les milieux pro-laïcs, très influents au sein de l'armée, de la magistrature et de certaines administrations, l'accusent néanmoins de vouloir islamiser la Turquie, qui a une population à 99% musulmane, mais un régime strictement laïc.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




