Les secours dans la bande de Gaza dans la nuit du 2 mars 2008 © TF1/LCIL'opération "Hiver chaud", qui a fait de samedi la journée la plus meutrière dans la bande de Gaza depuis l'Intifada de septembre 2000, avec plus de 60 morts, n'est pas terminée. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a affirmé dimanche que les raids "contre les organisations terroristes" dans la bande de Gaza allaient encore se poursuivre, rejetant les critiques internationales contre un usage excessif de la force. "Israël n'a aucune intention de cesser, ne serait-ce que pour un moment, les combats contre les organisations terroristes" et contre les tirs de roquettes qui continuent de s'abattre dans le sud d'Israël, a-t-il lancé. 9 Palestiniens ont encore été tués dimanche.
En réponse, Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a officiellement "suspendu" dimanche les "négociations" de paix, et même "tous les contacts à tous les niveaux" avec Israël "car ils n'ont aucun sens au regard de l'agression israélienne". "Le gouvernement israélien a décidé de lancer une guerre injuste et massacre notre peuple. Il porte l'entière responsabilité du blocage du processus de paix et des conséquences de la décision de suspendre les contacts", a poursuivi le président, qui a ordonné à l'équipe de négociateurs palestiniens de suspendre tous les contacts avec Israël "jusqu'à ce que cesse l'agression".
Condamnation internationale
Samedi, la France a condamné cette intervention de Tsahal, tout comme les tirs de roquettes du Hamas. Puis, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné à son tour dimanche les violences à Gaza et dans le sud d'Israël, lors d'une réunion d'urgence convoquée à la demande du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. Dimanche, l'Italie a demandé "avec force que les incursions militaires israéliennes "n'impliquent pas la population désarmée de Gaza déjà soumise depuis des mois aux privations et aux difficultés". Amnesty a appelé à l'arrêt de toutes les "attaques illégales". Et le pape Benoit XVI a exhorté Palestiniens et Israeliens à arrêter les attaques de "manière unilatérale et sans condition".
"Personne n'a le droit moral de critiquer Israël pour exercer son droit à l'auto-défense", a martelé dimanche Ehud Olmert face à ces critiques internationales. Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a pour sa part affirmé vouloir modifier la situation créée par le Hamas dans la bande de Gaza. Plus tôt, dimanche le ministre de la Défense Ehud Barak déclarait : "Nous allons poursuivre notre action de toute notre force et nous devons nous préparer à l'escalade, parce qu'une vaste opération terrestre est réelle est tangible". Les Etats-Unis, qui avaient lancé samedi un appel à la fin des violences dans le conflit israélo-palestinien tout en affirmant le droit d'Israël à se défendre, ont réclamé de nouveau dimanche la fin des violences et la reprise des discussions israélo-palestiniennes.
Le mouvement Hamas a de son côté appelé dimanche à la formation d'un gouvernement d'union nationale d'urgence palestinien. La situation "appelle à l'unité et à la fin des divisions entre la Cisjordanie et la bande de Gaza", a déclaré le porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007 après avoir défait les forces fidèles au mouvement rival Fatah de Mahmoud Abbas, basé à Ramallah en Cisjordanie.
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