Le procès du visage de Saddam Hussein à l'étranger

Par F.A., le 29 avril 2008 à 11h43 , mis à jour le 29 avril 2008 à 12h08

Emissaire de l'ancien dictateur dont il était le représentant, Tarek Aziz comparaît pour l'exécution de 42 commerçants en 1992.

tarek aziz procès avril 2008Tarek Aziz, à l'ouverture de son procès à Bagdad, le 29 avril 2008 © TF1/LCI

En 1990, après l'invasion du Koweït par l'Irak, le public occidental connaissait, outre celui de Saddam Hussein, un seul nom et un seul visage : ceux de Tarek Aziz.  Alors ministre des Affaires étrangères et vice Premier-ministre, il était chargé de négocier avec la communauté internationale, avec qui il avait noué de bons contacts pendant la guerre contre l'Iran, à l'époque où Bagdad était l'allié des Occidentaux contre le régime des mollahs.
 
Parlant anglais couramment -une exception parmi les dignitaires irakiens-, il avait multiplié les voyages à New York pour rencontrer les dirigeants de l'Onu, à Londres ou encore à Paris. Il avait notamment été plusieurs fois invité dans les journaux télévisés. Chrétien chaldéen dans un pays à majoritairement musulman sunnite, sa présence au sein du gouvernement de Saddam Hussein était présentée comme la preuve de la relative tolérance religieuse de l'ancien raïs. Après la première guerre du Golfe, ce fidèle compagnon de route de Saddam Hussein avait réussi à éviter toutes les purges. En 2003, il était toujours présent, à un poste il est vrai moins médiatique.

Soutiens en France
 
Avant l'invasion par la coalition dirigée par George W. Bush, il avait néanmoins repris ses voyages à l'étranger, comme en France où l'ancienne amitié entre les deux pays lui permettait de compter sur de nombreux soutiens. Ces soutiens sont d'ailleurs toujours valables aujourd'hui alors qu'il est jugé par son propre peuple -Jean-Pierre Chevènement a par exemple signé la pétition réclamant sa libération. Après la chute du régime en avril 2003, il s'était livré presque immédiatement aux troupes américaines, pour lesquelles il n'était pas un objectif prioritaire -"huit de pique", il n'était placé qu'en 43e position de la liste des personnalités les plus recherchées. Depuis, il a été plusieurs fois hospitalisé et sa famille a demandé sa libération pour raisons de santé.
 
Aujourd'hui âgé de 72 ans, son procès s'est donc ouvert ce mardi à Bagdad. Il comparaît pour son rôle présumé dans l'exécution, après un procès sommaire, de 42 commerçants en 1992. Ils étaient accusés d'avoir spéculé sur les prix de l'alimentation alors que le pays était sous embargo. Il est jugé avec sept autres prévenus, dont "Ali le Chimique". Sans surprise, Tarek Aziz nie tout lien avec ces exécutions. Son fils souligne d'ailleurs qu'aucune famille de victimes n'a porté plainte contre son père et parle d'un "procès politique". "L'accusation part du principe que, par le simple fait qu'il était un membre du Conseil de commandement révolutionnaire, lequel a exécuté les condamnations à mort, il est coupable", lance son avocat.

Par F.A. le 29 avril 2008 à 11:43
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