Beyrouth sous les balles

le 08 mai 2008 à 09h50 , mis à jour le 09 mai 2008 à 07h38

Au moins sept personnes sont mortes jeudi dans la capitale libanaise, où s'affrontent militants du Hezbollah et partisans du gouvernement.

Affrontements à Beyrouth (8 mai 2008)Affrontements à Beyrouth (8 mai 2008) © TF1/LCI

Face à la tension croissante, le Conseil de sécurité de l'Onu a exprimé jeudi soir son soutien aux institutions libanaises ; il a appelé au calme et à la réouverture des routes. Alors que le Liban traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, et se trouve sans chef d'Etat depuis le 24 novembre, les deux parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur un partage du pouvoir, de violents affrontements ont éclaté jeudi en cours d'après-midi à Beyrouth, opposant des militants du Hezbollah à des partisans du gouvernement. Des tirs et des explosions ont été entendus dans au moins deux quartiers de la ville. Au moins sept personnes ont été tuées et 30 blessées.

Le sunnite Saad Hariri, dirigeant de la majorité parlementaire antisyrienne, a appelé Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, fer de lance de l'opposition, à mettre fin au "siège" de Beyrouth. La Maison Blanche a réclamé pour sa part que le Hezbollah cesse immédiatement de "semer le trouble", alors que Paris a qualifié la situation de "préoccupante". Mais Hassan Nasrallah réclame avant tout le retrait des mesures annoncées mardi par le gouvernement à l'encontre de sa formation. "Ces décisions sont une déclaration de guerre et un début de guerre lancée par le gouvernement (...) au profit des Etats-Unis et d'Israël", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse dans un complexe de la banlieue sud de Beyrouth à majorité chiite. "Notre réponse à cette déclaration de guerre est notre droit à nous défendre, de défendre notre résistance, nos armes et notre existence. Celui qui tirera sur nous, nous tirerons sur lui (...) même s'il s'agissait de nos frères".

L'Onu accuse le Hezbollah

Selon Hassan Nasrallah, la crise libanaise qui dure depuis novembre 2006, est entrée "dans une nouvelle phase après les décisions dangereuses" du gouvernement et ne peut être résolue que si celui-ci accepte un dialogue national. Une journée de grève générale pour réclamer une hausse du salaire minimum, soutenue par l'opposition, a dégénéré mercredi en affrontements entre partisans de la majorité et sympathisants de l'opposition, faisant dix blessés, selon les services de sécurité. Jeudi, les heurts armés se sont étendus à la Bekaa et à Tripoli où ils ont fait huit blessés. De nombreuses routes se sont retrouvées bloquées et des magasins et écoles fermés. L'armée qui a la tâche délicate de s'interposer entre les deux camps, a prévenu dans un communiqué qu'une escalade risquait de "porter atteinte à (son) unité".

Le gouvernement avait décidé mardi d'enquêter sur un réseau de télécommunications qui aurait été installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth présenté comme un proche du mouvement chiite. D'où cette fureur du Hezbollah et ses menaces. Le Hezbollah affirme que son réseau fait partie de sa "résistance contre Israël" et qu'il est donc nécessaire pour des raisons de sécurité. Mais pendant que Nasrallah sommait jeudi le gouvernement libanais de faire machine arrière, l'un des émissaires de l'Onu au Proche-Orient, Terje Roed-Larsen, mettait en garde contre le danger représenté pour le Liban par "l'infrastructure paramilitaire massive en marge de l'Etat" dont dispose le Hezbollah. Evoquant les manifestations antigouvernementales organisées ces derniers jours, le diplomate norvégien a souligné que celles-ci "font craindre de plus en plus que le Hezbollah soit en train de construire des structures institutionnelles parallèles, distinctes de celles de l'Etat et en compétition directe avec elles".

D'après agence

le 08 mai 2008 à 09:50
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