© AFPLe général Michel Sleimane, commandant en chef de l'armée libanaise, a été élu dimanche à la présidence du Liban, première étape de la remise en marche du pays après dix-huit mois de crise politique et de violences meurtrières. Il a été élu par 118 députés, sur un total de 127. Six députés ont voté blanc, trois ont porté leur choix sur d'autres noms. Dans la foulée, il a prêté serment devant les députés et a lancé un appel à l'unité des Libanais dans son discours d'investiture. Il a également souhaité l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie et la mise en place d'une stratégie de défense contre les violations du territoire libanais par Israël.
L'élection de ce chrétien maronite âgé de 59 ans, l'un des rares symboles d'unité de ce pays divisé, a été rendue possible par l'accord négocié cette semaine à Doha, au Qatar. La crise politique entre la coalition antisyrienne, majoritaire au Parlement, et l'opposition conduite par le Hezbollah, soutenu par Damas et Téhéran, avait jusque-là bloqué la désignation du successeur d'Emile Lahoud, dont le mandat a expiré en novembre dernier. A 19 reprises, l'élection du président par les députés avait dû être différée en raison de l'impossibilité de réunir le quorum nécessaire.
"Je ne peux sauver seul notre pays"
Nommé commandant en chef de l'armée libanaise en décembre 1998, alors que la Syrie contrôlait le Liban, Sleimane a été étroitement associé aux préparatifs du retrait, sous la pression libanaise et internationale, des forces syriennes en 2005 après l'assassinat de Rafic Hariri et a supervisé le redéploiement de l'armée dans tout le Liban. Désormais élu à la présidence, son principal défi sera de tenter de réconcilier la majorité parlementaire et l'opposition. Il devra aussi s'attaquer aux questions en suspens qui menacent la cohésion du Liban, à commencer par le désarmement du Hezbollah. "Je ne peux sauver seul notre pays. C'est une mission qui concerne tout le monde. Elle relève de la responsabilité de tous les Libanais, les citoyens avant les politiciens", avait prévenu cette semaine Michel Sleimane dans le quotidien As Safir.
Son élection à la tête du pays du cèdre a en tout cas été fortement saluée par tous les pays occidentaux. Nicolas Sarkozy "se réjouit vivement que cette élection mette un terme à la période difficile que le Liban vient de traverser". Le président américain George W. Bush a toutefois souligné son impatience de voir s'ouvrir "une nouvelle ère de réconciliation politique" dans le pays. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a lui salué "une avancée importante pour le Liban". Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué de son côté une élection "historique", espérant qu'elle conduise à la "revitalisation de toutes les institutions" du pays.
(D'après agence)
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