Dans les rues de Tripol dimanche 11 mai 2008 © DRVers la fin de la crise, après une semaine d'affrontements ? Alors que les émissaires de la Ligue arabe étaient à Beurouth ce mercredi, le gouvernement libanais, antisyrien, a abrogé dans la soirée les deux mesures prises à l'encontre du Hezbollah, à l'origine des affrontements intercommunautaires de ces derniers jours au Liban, les pires depuis la fin de la guerre civile dans ce pays en 1990. Une décision aussitôt saluée par des tirs de joie à Beyrouth.
Les mesures en question - la mise hors-la-loi du réseau privé de télécommunications du "Parti de Dieu" et le limogeage du responsable de la sécurité de l'aéroport international de Beyrouth, jugé proche du mouvement chiite - ont été annulées afin de préserver la paix civile et de faciliter la médiation de la Ligue arabe, précise le communiqué de l'exécutif.
Une semaine d'affrontements
Le Hezbollah, soutenu par l'Iran et la Syrie, réclamait cette abrogation en échange de la levée de son blocus de l'aéroport et de sa campagne de désobéissance civile. Le gouvernement avait annoncé le 6 mai son intention d'enquêter sur un réseau parallèle de télécommunications mis en place par le Hezbollah, et avait limogé le directeur de la sécurité de l'aéroport, présenté comme un proche du parti chiite. Ces deux mesures, après 18 mois de crise politique, avaient déclenché une flambée de violences. Des hommes armés de l'opposition chiite avaient pris d'assaut l'ouest de Beyrouth, défendu par des partisans sunnites du gouvernement. Après deux jours de combats, l'armée avait gelé le 10 mai les mesures gouvernementales et les hommes armés s'étaient retirés des rues.
Plus de 60 personnes, peut-être 80, ont péri dans les six jours de combats qui ont éclaté le 7 mai entre les miliciens du Parti de Dieu, qui ont un moment pris le contrôle de Beyrouth-Ouest, et les partisans du gouvernement. Washington a pressé mercredi les Nations Unies d'adopter au plus vite une résolution condamnant fermement le Hezbollah et la Syrie pour leur implication présumée dans la crise libanaise, une hypothèse que certains diplomates juge difficilement réalisable.
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