L'armée dans les rues de Beyrouth, le 8 mai 2008 © LCILes miliciens armés du Hezbollah ont commencé samedi soir à se retirer des rues de Beyrouth-Ouest et du front de mer, dont ils avaient pris possession jeudi et vendredi par la force, en chassant les partisans armés du leader de la majorité sunnite au pouvoir Saad Hariri. Ce n'est toutefois qu'un premier geste, puisque le mouvement de "désobéissance civile" lancé par le Hezbollah devrait se poursuivre, et que les routes, notamment celle menant à l'aéroport, devraient rester bloquées. Les habitants ne s'y trompent guère puisqu'ils se calfeutrent chez eux après avoir fait des provisions.
Ce geste fait suite à l'implication de l'armée pour tenter de résoudre la crise. Elle a annoncé le retrait de deux mesures du gouvernement pro-occidental que le Hezbollah avait pris comme une déclaration de guerre. Elle a notamment décidé que le chef de la sécurité de l'aéroport, présenté comme un proche du Hezbollah limogé mardi par le gouvernement, allait "rester à son poste". L'armée se chargera également "d'étudier le dossier du réseau de télécommunications" du Hezbollah, qualifié par le gouvernement de "violation à la souveraineté du Liban". La formation chiite estime pour sa part que ce réseau est essentiel dans sa lutte contre Israël.
Fouad Siniora en appelle à l'armée
Jusqu'alors, l'armée, traditionnellement chargée du maintien de l'ordre, avait reçu la consigne de ne pas intervenir dans les combats, de crainte d'une scission. Mais dans une adresse à la nation, le Premier ministre Fouad Siniora lui a confié le soin de trancher sur les décisions prises mardi par le gouvernement contre le Hezbollah. Le chef du gouvernement a en outre mis en cause la passivité des militaires lors des combats, en estimant que l'armée devait "assumer ses responsabilités nationales sans hésitation (...) jusqu'à présent".
Avant ce geste d'apaisement, la journée de samedi a néanmoins été marquée par de nouveaux heurts sanglants. A Beyrouth, deux personnes ont été tuées et 20 blessées. Des hommes armés ont tiré sur une foule participant aux funérailles d'un civil sunnite tué dans des combats dans l'ouest de la capitale. Dans le nord du Liban, à Halba, 14 personnes, dont des civils, ont péri lors de violents combats entre militants du Parti social nationaliste syrien et partisans du Courant du Futur, le parti sunnite de Saad Hariri, un pilier de la majorité. Par ailleurs, le Hezbollah a accusé des partisans d'un pilier de la majorité au pouvoir, le chef druze Walid Joumblatt, d'avoir enlevé trois de ses militants et tué deux d'entre eux.
Les étrangers ont continué samedi de quitter le pays par la route via la Syrie, alors que la Turquie et le Koweït évacuaient leurs ressortissants. Les Etats-Unis ont salué la baisse des violences mais averti que leurs "inquiétudes concernant le Hezbollah demeuraient inchangées". Une réunion ministérielle arabe d'urgence, à l'appel de l'Egypte et de l'Arabie saoudite, se tiendra dimanche au Caire. D'ores et déjà, le président syrien Bachar al-Assad s'est dit opposé à une "internationalisation" de la crise, répétant qu'il s'agit d'une "affaire intérieure libanaise".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





