Combats à Beyrouth, au Liban, le 11 mai 2008![]() |
| Le point sur la situation |
Fin de l'accalmie à Beyrouth ? De violents combats ont éclaté dimanche en fin de journée entre partisans de la majorité et de l'opposition libanaises dans plusieurs zones à majorité druze au sud-est de la capitale libanaise. Des tirs de mitrailleuses et de fortes explosions ont retenti dans plusieurs localités du district d'Aley, et d'intenses combats ont également eu lieu à Choueifat, au sud-est de la capitale.
Ces nouvelles violences interviennent en dépit d'un retour au calme à Beyrouth, qui a été le théâtre ces derniers jours de violents combats entre partisans de la majorité antisyrienne, pour la plupart des sunnites, et sympathisants de l'opposition emmenée par le Hezbollah chiite. En cinq journées de violences, au moins 42 personnes ont été tuées au Liban (certains bilans évoquent 53 morts) et 150 blessées.
Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, réunis en session extraordinaire au Caire, ont lancé dimanche soir un appel à l'arrêt immédiat des affrontements entre factions qui menacent de replonger le pays dans une guerre civile analogue à celle de 1975-90. Le président français Nicolas Sarkozy s'est de son côté entretenu dimanche soir par téléphone avec le Premier ministre Fouad Siniora et le roi Abdallah d'Arabie saoudite. Dans un communiqué, il a condamné "fermement toutes les actions armées commises ces derniers jours au Liban et ceux qui en ont pris l'initiative".
Des combats à l'arme lourde ont également opposé partisans du gouvernement et de l'opposition dimanche matin dans le nord du Liban. Quelque 7.000 personnes ont fui les accrochages, qui ont éclaté à l'aube dans le nord de la ville.
Rétablir "la paix civile"
Les combats, à la mitrailleuse et au lance-roquette, ont opposé des partisans sunnites de la majorité antisyrienne, au pouvoir à Beyrouth, et des Alaouites, branche dissidente des chiites, loyale au Hezbollah, le principal parti de l'opposition soutenu par la Syrie et l'Iran. Ces combats se sont calmés en milieu de matinée et l'armée s'est déployée à l'entrée nord de Tripoli, a rapporté un correspondant de l'AFP.
La veille, le Hezbollah et ses alliés chiites de l'opposition avaient pourtant donné un signal de conciliation en retirant leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth conquis la veille, à l'appel de l'armée, à qui le gouvernement s'en est remis pour rétablir "la paix civile". L'opposition avait cependant averti qu'elle poursuivrait son mouvement de "désobéissance civile".
L'armée avait annoncé qu'elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l'origine de violences entre partisans de la majorité et de l'opposition qui ont fait depuis jeudi 35 morts, les plus sanglantes depuis la guerre civile (1975-90). L'opposition avait investi vendredi l'ouest de Beyrouth, contrôlé en partie jusque-là par la majorité.
La "déclaration de guerre"
Dans une adresse à la nation samedi, le Premier ministre Fouad Siniora a jugé que la démocratie avait été "poignardée au coeur" mais que l'Etat ne tomberait pas "face aux putschistes". L'armée a demandé à tous les hommes armés de se retirer des rues et a également, dans un souci d'équilibre, décidé que le chef de la sécurité de l'aéroport, Wafic Choukair, présenté comme un proche du Hezbollah et limogé par le gouvernement, resterait à son poste en attendant les résultats d'une enquête sur lui.
Par ailleurs, l'armée a dit qu'elle allait "étudier" le réseau de télécommunications du Hezbollah, sur lequel le gouvernement voulait enquêter. La formation chiite, qui présente ce réseau comme essentiel dans sa lutte contre Israël, avait qualifié de "déclaration de guerre" cette démarche gouvernementale, provoquant les combats entre les deux camps. L'armée, traditionnellement chargée du maintien de l'ordre au Liban, n'est pas intervenue dans les combats, de crainte de scissions.
Dimanche, les militaires étaient présents en force sur les principaux axes de la capitale. Dans la partie ouest de la ville, où la vie avait timidement repris samedi, les rues étaient quasi désertes, comme à l'habitude un dimanche dans ces quartiers résidentiels et commerçants. La route menant à l'aéroport international, au sud de la capitale, où aucun vol n'était prévu dimanche, était toujours bloquée par le Hezbollah. Les étrangers ont continué de quitter le pays par la route, via la Syrie. Dimanche, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réunissaient au Caire à la demande de deux pays influents, l'Arabie saoudite et l'Egypte, alliés du gouvernement libanais.
(D'après agence)
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