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le 09 mai 2008 à 08h00, mis à jour le 09 mai 2008 à 22:41
Selon des sources de sécurité, les combats ont cessé : le Hezbollah contrôle l'Ouest de la ville, l'armée et les forces de sécurité sont déployés à l'Est.
© AFPLes combats qui avaient repris vendredi matin pour la troisième journée consécutive semblent avoir cessé. Selon un responsable de la sécurité, la suprématie des combattants du Hezbollah dans l'Ouest de Beyrouth n'est désormais plus contestée sur le terrain : "Il n'y a plus d'affrontements car personne ne fait face aux combattants de l'opposition". Les militaires et les forces de sécurité intérieure seraient désormais déployés dans les zones contrôlées par l'opposition.
Toute la nuit et vendredi matin, des tirs d'armes automatiques et de roquettes avaient retenti dans l'ouest de la capitale. Des affrontements qui auraient déjà fait au moins 18 morts et une trentaine de blessés en trois jours. Ces combats entre sympathisants de la majorité antisyrienne et de l'opposition soutenue par Damas et Téhéran font craindre une nouvelle guerre civile au Liban. Plusieurs pays arabes ont déjà commencé à évacuer leurs ressortissants du Liban, alors que l'unique aéroport international est paralysé et que le port de Beyrouth a cessé ses activités. Et des centaines de personnes, dont des ressortissants étrangers et des travailleurs syriens, se pressent à la frontière syrienne, fuyant les violences.
Appels internationaux
La communauté internationale a les yeux rivés sur le Liban. A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n'ayant pas valeur contraignante. L'Arabie saoudite a réclamé de son côté la tenue d'une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères pour discuter de la crise. Israël a dénoncé la main de l'Iran dans la crise libanaise, alors que le président syrien Bachar al-Assad l'a qualifiée "d'affaire intérieure". La Maison Blanche s'est dite vendredi "très inquiète" des agissements du Hezbollah au Liban et dit étudier "les mesures à prendre pour faire rendre des comptes aux responsables des violences à Beyrouth". La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à soutenir le Premier ministre libanais et à lui "apporter tout le soutien dont il a besoin". Même chose pour l'Union européenne, qui a assuré vendredi Fouad Siniora de son "plein soutien".
Le ministre libanais des Télécommunications, dans une déclaration sur France 24, a appelé Nicolas Sarkozy à exercer "une pression réelle sur l'Iran et la Syrie" pour empêcher que le Liban ne "bascule dans un nouveau régime de type intégriste". La France ne restera pas "inactive face au drame", a assuré Bernard Kouchner, qui a dénoncé vendredi soir le "coup de force" du Hezbollah à Beyrouth. Cependant, selon lui, une évacuation des ressortissants français "n'est pas à l'ordre du jour à ce stade". Mais le gouvernement italien, lui, prépare bel et bien un plan d'évacuation de ses ressortissants, selon le nouveau chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini.
Les violences ont débuté lorsque le gouvernement a déclaré que le réseau de communication mis en place par le Hezbollah constituait une atteinte à la souveraineté nationale. Jeudi, le chef de la milice chiite, le cheikh Hassan Nasrallah, avait accusé en réponse le gouvernement de lui avoir "déclaré la guerre". Pour le Hezbollah, unique milice à avoir été autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile pour lutter contre la présence israélienne dans le sud du pays, ce réseau parallèle de communications fait partie intégrante de ses structures de sécurité dans la "résistance à Israël". Saad al Hariri a répondu à Nasrallah en proposant un plan de sortie de crise qui qualifierait de "malentendu" la décision prise par le gouvernement de démanteler le réseau de communications du Hezbollah et a suggéré que l'armée soit chargée de trancher cette question. Une proposition rejettée depuis par le Hezbollah.
D'après agence
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