Aley, au Liban, lundi 12 mai 2008 © DRL'accalmie aura été de courte durée. Alors que l'armée libanaise poursuivait son déploiement ce lundi dans les régions secouées par les affrontements meurtriers de la semaine dernière, de violents combats ont repris à Tripoli, la grande ville du nord. Bilan : un mort et 4 blessés. Au total, au moins 61 personnes ont été tuées et près de 200 blessées dans les violences qui secouent le Liban depuis mercredi dernier, 7 mai, notamment à Beyrouth ouest, à Tripoli (nord) et dans la montagne druze (sud-est de Beyrouth).
L'armée libanaise a donc émis une menace lundi soir : elle a prévenu qu'elle aurait recours à la force si nécessaire pour faire régner l'ordre public dans le pays à partir de mardi, précisant que cette décision s'appliquerait à compter de 6h du matin. En attendant, l'élection présidentielle, déjà différée à 18 reprises et qui devait se tenir mardi, a été une nouvelle fois reportée lundi. La date de la prochaine réunion de l'assemblée pour élire un nouveau président de la République a été fixée au 10 juin.
Des émissaires à Beyrouth mercredi
En proie à une profonde crise politique depuis 18 mois, le Liban a été le théâtre ces derniers jours de violents affrontements lorsque les miliciens du Hezbollah chiite et du mouvement amal ont chassé de Beyrouth-Ouest les fidèles de la majorité pro-occidentale du Premier ministre Fouad Siniora et du dirigeant antisyrien Saad Hariri qu'ils accusaient de leur avoir déclaré la guerre. Un calme précaire est revenu dans une majeure partie du Liban mais de nouveaux affrontements ont éclaté lundi à Tripoli, dans le nord du pays. Les militaires avaient appelé au retrait des hommes armés des rues et la réouverture des voies de communication. Mais plusieurs routes demeuraient encore bloquées lundi matin, notamment celle menant à l'aéroport de Beyrouth.
Beyrouth attend donc l'arrivée d'émissaires de la Ligue arabe mercredi. Ils sont supposés trouver un terrain d'entente entre les différentes factions libanaises opposées. Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis dimanche au Caire ont en effet rejeté "l'utilisation de la violence armée pour atteindre des objectifs politiques". La délégation attendue ne devrait pas comprendr l'Egypte et l'Arabie saoudite, qui soutiennent le gouvernement de Fouad Siniora, ni la Syrie, allié du Hezbollah.
L'USS Cole de retour
Ce coup de force a obligé le gouvernement soutenu par l'Occident à faire un compromis en confiant à l'armée des décisions qu'il avait prises contre la formation chiite et qui étaient à l'origine des affrontements, les pires depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Ces décisions, qui portaient sur le lancement d'une enquête sur un réseau de télécommunications du Hezbollah et le limogeage du chef de la sécurité de l'aéroport, présenté comme un proche du Hezbollah, ont été gelées samedi par l'armée, qui s'est déployée en masse à travers le pays.
Preuve de l'inquiétude générale qui frappe le pays, au moins 200 Libanais fuyant les combats sont arrivés à Chypre à bord de vedettes et de yachts privés. Depuis samedi, 18 embarcations sont arrivées sur l'île selon les autorités chypriotes. ET, autre signe de tensions s'il en est, le navire de guerre américain USS Cole, déjà déployé au large du liban en février dernier, est de retour en Méditerranée, après avoir franchi le Canal de Suez.
(D'après agences)
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