Bachar al-AssadLe 13 juillet, une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement seront présents à Paris pour le sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée, le grand projet de Nicolas Sarkozy. Le lendemain, tous ces chefs d'Etat sont invités à assister aux cérémonies du 14 juillet. Parmi eux, Bachar al-Assad, le président syrien.
Longtemps mis au ban de la communauté internationale, qui le soupçonne notamment de financer le terrorisme et d'avoir commandité l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, Bachar al-Assad a retrouvé grâce auprès de Nicolas Sarkozy depuis l'élection d'un nouveau président au Liban. Les relations entre la France et la Syrie ont ainsi repris officiellement cette semaine, avec la venue du ministre syrien de la Culture à Paris. Auparavant, des émissaires français s'étaient rendus à Damas. Pour sa part, Nicolas Sarkozy, qui a ainsi rompu avec l'isolement imposé à son homologue par Jacques Chirac car il le juge "incontournable" pour régler le problème libanais, s'était entretenu à deux reprises au téléphone avec Bachar al-Assad.
"Honte"
Des contacts pas tellement au goût des Etats-Unis, qui placent toujours la Syrie dans leur "axe du mal". De manière très diplomatique, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a ainsi exprimé mercredi l'espoir que la France transmettrait "le bon message" à la Syrie, aussi bien sur le Liban que sur les négociations de paix avec Israël. Au Liban, le leader druze Walid Joumblatt, opposé à la Syrie, ne s'embarrasse pas telles précautions. Pour lui, la venue d'al-Assad à Paris est "une honte pour le peuple français".
La polémique pourrait être aussi franco-française. Le Parti socialiste estime ainsi que si l'invitation du président Assad pour le sommet de l'UPM est une "bonne chose", il serait en revanche "peu judicieux" qu'elle "se poursuive" pour les cérémonies du 14 juillet. François Bayrou appelle de son côté à "réfléchir avec beaucoup de soin" avant d'accueillir Bachar al-Assad. "La question de la Syrie suscite beaucoup de souci au Liban", rappelle-t-il.
Yade : "laisser une chance à la paix"
Cette invitation correspond à un changement de contexte dans la région et doit être considérée comme un geste en faveur de la paix, a estimé jeudi (sur RTL) Rama Yade. "Je considère que c'est une main tendue parce qu'on voudrait qu'un espoir de paix, de pacification des relations avec les voisins de la Syrie arrive, se produise", a déclaré la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme. "Les contacts ont été rompus lorsque c'était nécessaire. Aujourd'hui il y a des facteurs nouveaux donc on laisse une chance à la paix", a ajouté celle qui avait été à l'origine d'un couac au moment de la venue du leader lybien en France, faisant remarquer que l'Etat d'Israël lui-même avait "repris un contact, même indirect, avec la Syrie".
La secrétaire d'Etat a également invoqué une "logique de forme", dans la mesure où Bachar al Assad a été invité au sommet du 13 juillet à Paris sur l'Union pour la Méditerranée. "Sur la forme, il aurait été illogique d'inviter le président syrien au sommet de l'Union pour la Méditerranée, d'inviter le 14 juillet l'ensemble des participants et d'en exclure le chef d'Etat syrien", a-t-elle dit.
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