Attentat en Turquie (27 juillet 2008) © TF1/LCI > Les images de l'un des attentats |
Deux bombes ont explosé dimanche soir à Istanbul, faisant au moins 17 morts et plus de 150 blessés. Une première bombe de faible puissance a, selon l'enquête préliminaire, explosé dans une poubelle sur une avenue commerçante du quartier périphérique de Güngören, sur la rive européenne de la métropole turque. Une deuxième déflagration de forte puissance a suivi quelques minutes plus tard à quelques mètres de là, alors que la foule commençait à s'assembler sur les lieux du premier attentat.
Les enquêteurs privilégient la piste des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a affirmé NTV, sans donner davantage de détails. Le gouverneur d'Istanbul a indiqué que la police allait examiner les images des caméras de surveillance disposées près du lieu des attentats. De nombreuses équipes d'ambulanciers et de pompiers ont été dépêchées sur les lieux et un périmètre de sécurité a été établi par la police, qui a également procédé à des contrôles de colis suspects dans les alentours. Sur les images diffusées par NTV, on pouvait assister à des scènes de panique, des personnes ensanglantées et désorientées courant en tous sens au milieu de bris de verre. Les chaînes de télévision avaient dans un premier temps évoqué l'hypothèse d'une fuite de gaz.
Un contexte politique très tendu
Par le passé, le PKK a déjà été accusé dans des attentats qui ont frappé cette partie de la ville. Mais au-delà de cette désignation systématique du PKK, il est difficile de ne pas faire le lien entre cette double attaque et le contexte politique très tendu que connaît actuellement le pays. C'est ce lundi même, au lendemain des attentats, que la Cour constitutionnelle entame ses délibérations sur la demande de dissolution de l'AKP, le parti au pouvoir accusé d'atteinte au principe de laïcité. Les responsables politiques du pays attendent avec nervosité la conclusion de cette affaire qui a plongé depuis mars le pays dans un climat d'incertitude.
Outre la demande de dissolution, le tribunal a été saisi par le procureur en chef de la Cour de cassation d'une requête d'interdiction de toute appartenance à un parti politique pendant cinq ans à l'encontre du Premier ministre Tayyip Erdogan, du président Abdullah Gül, et de 69 autres dirigeants du parti. La Cour peut estimer que le Parti de la justice et du développement n'est pas coupable et prononcer un non-lieu. Dans l'hypothèse inverse, elle peut condamner l'AKP à une amende ou prononcer sa dissolution, ce qui entraînerait la chute du gouvernement et la tenue d'élections législatives anticipées, probablement en novembre.
Ces attentats surviennent aussi quelques jours après le démantèlement du réseau nationaliste Ergenekon, accusé de vouloir renverser le gouvernement. Pas moins de 86 prévenus accusés d'avoir créé une organisation terroriste armée pour semer le chaos en Turquie et créer un climat favorable à un coup d'état militaire, doivent être jugés le 20 octobre.
D'après agence
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