Ehud Olmert © LCILe 17 septembre, Kadima, le parti centriste israélien, majoritaire au Parlement, désignera son nouveau leader lors de primaires auquel ne participera donc pas Ehud Olmert. Deux personnalités partent favorites : Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, et Shaul Mofaz, le ministre des Transports.
La première, modérée, est plutôt favorable au dialogue avec les Palestiniens. Le second, perçu comme un faucon, est partisan d'une alliance avec l'opposition du Likoud, la formation de droite dont il faisait partie avant de rejoindre Kadima. Pour l'instant, les sondages donnent une légère avance à Tzipi Livni.
Netanyahu, favori des sondages, exige des élections
Selon la législation, le vainqueur des primaires à l'intérieur de Kadima deviendra dans la foulée Premier ministre. Mais il sera loin de prendre immédiatement ses fonctions. Il devra tout d'abord tenter de former un gouvernement de coalition en s'appuyant soit sur les travaillistes, comme c'est le cas actuellement, soit en s'alliant avec le Likoud, soit en trouvant l'aide des petits partis. Il aura au total 42 jours, soit jusqu'à fin octobre, pour mener sa mission. Une mission qui s'annonce très difficile auss bien pour Tzipi Livni que pour Shaul Mofaz. En attendant, Ehud Olmert restera en poste comme Premier ministre intérimaire. Mais plus qu'expédier les "affaires courantes", il gardera exactement les mêmes prérogatives qu'aujourd'hui.
En cas d'échec, le président Shimon Peres pourra éventuellement désigner un autre député pour former le gouvernement. Mais dans ce cas figure, il est fort probable qu'il convoque des élections anticipées pour début 2009 -le mandat actuel de la Knesset s'achève normalement au printemps 2010. Le chef de l'opposition, Benjamin Netanyahu, ancien Premier ministre, réclame déjà à cor et à cri ces nouvelles élections. Et pour cause : il est largement donné favori par tous les sondages.
"Tragédie" pour le processus de paix
En dépit des incertitudes, Ehud Olmert devrait poursuivre ses négociations directes avec l'Autorité palestinienne et indirectes avec la Syrie, en vue d'aboutir à des accords de paix. "Tant que j'exercerai mes fonctions, je n'abandonnerai pas mes tentatives de négocier avec les Palestiniens pour parvenir à un résultat permettant de donner espoir", promet-il. Reste à savoir si son affaiblissement lui en donnera la possibilité. Surtout, reste à savoir ce qu'il adviendra de ce même processus par la suite. A la conférence d'Annapolis en 2007, l'échéance pour la création d'un Etat palestinien était la fin 2008. A peine rentré en Israël, Ehud Olmert avait déjà indiqué que le calendrier serait difficile à respecter. Il l'a redit plusieurs fois depuis.
Avec ce nouveau rebondissement, et malgré les déclarations volontaristes du Premier ministre, il est évident que tout est remis en cause puisque la marge de manœuvre est réduite. Pour de nombreux observateurs, c'est "même une tragédie". La plupart se disent pessimistes pour qu'un accord de base soit signé avant le départ d'Olmert, ce qui faciliterait ensuite le travail deTzipi Lvini pour une solution durable. Solution durable que Shaul Mofaz ne chercherait pas. Et encore moins Benjamin Netanyahu, dont l'électorat et les soutiens politiques sont opposés à toute concession. Or sans concession de part et d'autre, l'échec est assuré.
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