Téhéran fait durer le suspense

le 19 juillet 2008 à 18h22 , mis à jour le 19 juillet 2008 à 21h38

Si la rencontre de Genève a été "constructive", les six puissances engagées dans les discussions avec Téhéran sur son programme nucléaire attendent toujours une réponse.

Le négociateur iranien sur le dossier nucléaire lors d'une séance de discussions à Genève (19 juillet 2008)Le négociateur iranien sur le dossier nucléaire lors d'une séance de discussions à Genève (19 juillet 2008) © TF1/LCI

Une rencontre symboliquement importante dans le dossier du programme nucléaire iranien, mais au final... sans résultat tangible. Si la présence du numéro trois du département d'Etat, William Burns, à l'entrevue de Genève a conféré une importance particulière à ces discussions que le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, mène au nom des Six avec l'Iran, la réponse espérée de Téhéran n'est pas venue.

Le porte-parole de la diplomatie européenne a insisté sur leBouton de déconnexion fait que Téhéran continuait à entretenir le flou sur l'attitude que l'Iran allait adopter par rapport aux récentes propositions récemment formulées par les Six. "Il y a toujours des progrès dans ces discussions, mais cela est insuffisant", a déclaré Javier Solana à la presse, au terme d'une entrevue avec le négociateur iranien Saïd Jalili. "Nous avons fait une offre. Nous n'avons pas obtenu de réponse claire par oui ou par non. Cette rencontre a été constructive, mais nous n'avons pas obtenu de réponse à nos questions".

Le département d'Etat américain a immédiatement appelé Téhéran à faire  enfin un choix.. "Nous espérons que le peuple iranien comprend que ses dirigeants doivent  faire un choix entre la coopération, qui apportera des bénéfices à tous, et la  confrontation, qui ne peut conduire qu'à davantage d'isolement", a indiqué son  porte-parole Sean McCormack dans un communiqué.

Ce que proposent les Six

Les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) ont proposé en juin 2006 à l'Iran une vaste offre de coopération politique et économique en l'échange de l'abandon par ce pays de ses activités d'enrichissement d'uranium. Javier Solana a présenté une nouvelle mouture de cette offre à Téhéran le mois dernier, suggérant d'observer une phase de pré-négociations, qui pourrait débuter si les Iraniens acceptaient dans un premier temps de maintenir l'enrichissement à son niveau actuel tandis que les Six renonceraient à durcir les sanctions existantes.

Du côté iranien, Saïd Jalili a exclu de discuter de la question des activités d'enrichissement d'uranium lors des prochaines négociations. "Nous discuterons seulement des points de convergence au sein de l'ensemble des mesures proposées", a-t-il souligné. L'ambassadeur d'Iran à Berne, Kevyan Imani, avait confirmé un peu plus tôt ce sentiment en se réfugiant derrière la ligne diplomatique adoptée depuis plusieurs mois par l'ayatollah Ali Khameinei : "Comme notre guide suprême l'a clairement dit, notre chemin est dégagé : nous n'abandonnerons pas nos droits".

Le chef de la diplomatie européenne a précisé qu'il espérait reprendre contact d'ici environ deux semaines avec son homologue iranien, soit directement, soit par téléphone, soit encore par l'intermédiaire de leurs adjoints respectifs. Aucune date précise n'a été fixée.

D'après agence

le 19 juillet 2008 à 18:22
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