La centrale nucléaire de Natanz en Iran © TF1-LCIC'est un énième rebondissement dans les négociations menées par le groupe des Six (Etats-Unis, de Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine) avec l'Iran en vue de la suspension de son programme nucléaire. Après avoir tendu la carotte pendant plusieurs mois pour faire plier Téhéran, revoici la menace du bâton. Les grandes puissances avaient pourtant mis dans la balance de nombreux avantages et espéraient cette fois-ci recevoir une réponse iranienne claire et affirmative. Mais la lettre du président iranien qu'ils ont reçu, mardi soir, a conduit à la déception générale. Les Six pays impliqués dans les discussions ont donc décidé de tirer les conséquences de cette missive iranienne qui n'apporte aucune réponse claire. Mercredi, ils se sont entretenus d'urgence lors d'une conférence téléphonique commune au cours de laquelle ils ont "commencé à discuter des contours possibles d'une nouvelle résolution de l'ONU prévoyant des sanctions contre l'Iran", a indiqué mercredi le département d'Etat américain.
A l'issue de cette réunion, les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des pays concernés se sont déclarés "très déçus du fait que l'Iran, une fois de plus, n'ait pas donné de réponse claire à (leur) offre généreuse", selon un communiqué délivré par un porte-parole du département d'Etat américain, Gonzalo Gallegos. L'Iran "fait le choix de s'exposer à de nouvelles sanctions" en ne répondant pas clairement aux propositions des Six, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères. Londres a également marqué sa déception et a affirmé qu'il ne restait "maintenant pas d'autre choix que d'appliquer de nouvelles sanctions à l'encontre de l'Iran."
"Une tactique pour gagner du temps"
La méthode iranienne a également été vivement critiquée. Selon ce communiqué américain, la réponse écrite de Téhéran "apparaît comme une tactique destinée à gagner du temps." Il précise néanmoins que "la porte reste ouverte" pour que l'Iran accepte leur offre et que les Six restent engagés envers leur double stratégie. Les grandes puissances ont offert une alternative à l'Iran: ou Téhéran accepte la coopération et suspend ses activités controversées d'enrichissement de l'uranium, que les Occidentaux soupçonnent d'être destinées à acquérir l'arme nucléaire, ou ce pays fait face à des sanctions croissantes de la communauté internationale.
Gonzalo Gallegos a précisé que ce communiqué n'était pas un document commun mais le compte-rendu par les Etats-Unis de la conférence téléphonique, à laquelle participait le diplomate en chef de l'Union Européenne, Javier Solana, qui mène les négociations avec Téhéran. A la question : " la Russie et la Chine sont-elles d'accord pour parler de déception concernant la réponse iranienne ?", le porte-parole a répondu: "c'est ce que j'ai compris".
De son côté, l'ambassadeur de la Russie à l'ONU, a surtout tenu à laisser la porte ouverte au dialogue et a rappelé qu'il restait possible de parler avec Téhéran, en dépit de sa réponse ambiguë aux 6. "Nous ne pensons pas que l'échec du (dialogue) est couru d'avance", a déclaré l'ambassadeur. "Nous pensons qu'il y a une possibilité dans ce dialogue". "Nous aurions préféré un oui clair. Mais c'est plus compliqué que cela (...) Nous croyons que le dialogue peut se poursuivre", a-t-il ajouté.
Ce que dit la lettre de Téhéran aux grandes puissances |
Voici le verbatim de la lettre envoyée mardi par l'Iran aux Six grandes puissances impliquées dans les discussions sur le programme nucléaire iranien, première réaction à leur offre de coopération : "Au nom de Dieu. Suite aux discussions constructives de Genève (...) un accord a été trouvé pour réfléchir sur les deux propositions afin que chacun apporte une "réponse claire". La République islamique d'Iran, avec bonne volonté, une approche constructive et une détermination stratégique pour continuer les négociations, a de nouveau examiné avec attention les positions exprimées lors de la réunion de Genève afin de produire un accord de coopération, susceptible de répondre à nos préoccupations communes et d'être fondé sur nos obligations collectives, et de fixer un calendrier pour consulter toutes les parties intéressées afin d'arriver à un résultat acceptable. Maintenant la République islamique d'Iran est prête à apporter une "réponse claire" à votre proposition aussi rapidement que possible, mais attend aussi dans le même temps simultanément aussi votre "réponse claire" à nos questions et (à des points) ambigus. |
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





