Mahmoud Ahmadinejad, président iranien © LCI/CBS/DREn 2005, l'Iran reprend ses activités de conversion puis, surtout, d'enrichissement d'uranium. Téhéran assure que son programme nucléaire est purement civil. Les puissances occidentales, les Etats-Unis en tête, ont peine à le croire et craignent que l'Iran se dote de la bombe nucléaire. C'est en multipliant l'installation de centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz que l'Iran peut espérer produire un combustible de qualité militaire.
Atermoiements, valses-hésitations, menaces, entre l'Iran et l'Occident via l'AIEA (l'Agence Internationale de l'énergie atomique qui dépend de l'Onu), le bras de fer qui se joue depuis lors aura connu de nombreuses étapes. Les six grandes puissances (Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France et dans une moindre mesure, Russie et Chine) conviennent à nouveau durant l'été 2008 d'un éventuel durcissement des sanctions contre l'Iran, de plus en plus isolé économiquement.
"Freeze for freeze"
Depuis le 19 juillet 2008, les Six demandent aux iraniens de suspendre leur programme d'enrichissement nucléaire et, sur le principe du donnant-donnant appelé en anglais "freeze for freeze", proposent en échange de bénéficier sous stricte surveillance internationale, d'une aide au développement du nucléaire civil auquel ils ont droit en tant que signataires du Traité de non-prolifération, ainsi que d'un programme de coopération pour les sortir de l'isolement économique.
Téhéran joue la montre
L'Iran a réagi de façon confuse, et maintient son refus de geler son programme nucléaire. Par conséquent, une nouvelle résolution prévoyant des sanctions supplémentaires pourrait être votée dès la rentrée de septembre 2008. La république islamique a fait déjà l'objet de quatre résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions économiques. En mars dernier, la résolution 1803 constituait déjà un durcissement des précédentes (1737 et 1747), votées en décembre 2006 et mars 2007.
La stratégie iranienne de faire traîner en longueur le processus a pour toile de fond l'élection présidentielle américaine. Les deux candidats qui s'affrontent, Barack Obama et John Mccain, ont des positions nuancées sur le dossier iranien. Téhéran ne voit donc pas l'utilité de céder aux injonctions d'une administration Bush sur le départ. Par ailleurs, viennent s'ajouter des luttes politiques internes sur le principe même des négociations avec les Six. Malgré les sanctions commerciales qui asphyxient l'économie iranienne, la hausse du pétrole offre encore une certaine marge de manœuvre.
Les clés |
Le programme iranien est-il militaire ? Téhéran répète que son objectif est civil : il s'agit de produire de l'électricité. La frontière entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire réside essentiellement dans le degré d'enrichissement d'uranium qu'un pays peut se permettre, grâce notamment à des installations de dizaines de milliers de centrifugeuses reliées entre elles par un système dit « de cascade». |
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