Attentat à Tripoli © TF1-LCIUn attentat meurtrier a frappé la ville libanaise de Tripoli, mercredi matin. Quatorze personnes, selon l'Agence France Presse, quinze selon Reuters, ont été tuées dans une violente explosion qui 'est produite dans une rue commerçante de la ville de Tripoli, dans le nord du Liban. La bombe a explosé à proximité d'un bus. Des lambeaux de corps ont été projetés par la forte déflagration sur les toits des bâtiments voisins. Des membres de la Croix-Rouge libanaise, dépêchés sur place, ont entrepris d'évacuer les blessés. L'attentat qui n'a pas été revendiqué.
Le président libanais Michel Sleimane a condamné un attentat "terroriste" . "L'armée et les forces de sécurité ne vont pas plier devant les tentatives visant à les terroriser par des attaques et des crimes (...)", a souligné le président libanais, ajoutant qu'il "renouvelle son appel à la réconciliation, à l'unification et à faire face à ce terrorisme qui touche tous (les Libanais) sans exception et ne profite qu'à l'ennemi israélien". De son côté, la Syrie a condamné "avec force" l'attentat. Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy a lui condamné un "attentat odieux et lâche", tout comme l'Union européenne qui a assuré qu'elle continuerait de prendre "toute (sa) part aux efforts en faveur de la sécurité et l'unité du Liban".
Antagonisme communautaire
Cet attentat s'est produit au lendemain du vote de confiance accordé par le Parlement au gouvernement libanais d'union nationale dirigé par Fouad Siniora et le jour même de la visite en Syrie du président Michel Sleimane, la première d'un chef d'Etat libanais dans ce pays depuis le retrait syrien du Liban en 2005. Le gouvernement formé le 11 juillet au Liban est le premier après une longue crise politique entre la majorité, soutenue par l'Occident et la plupart des pays arabes, et l'opposition, proche de Damas et Téhéran. La crise avait dégénéré en mai en affrontements violents, qui avaient fait 65 morts, et le pays avait failli basculer dans une nouvelle guerre civile.
La ville de Tripoli a été le théâtre d'affrontements confessionnels intermittents qui ont fait 23 morts depuis le mois de mai. Ces combats, qui avaient pris fin fin juillet, avaient opposé à plusieurs reprises depuis mai des sunnites à des habitants appartenant à la communauté alaouite, une branche du chiisme, dans plusieurs quartiers de la ville côtière. A Tripoli, l'antagonisme entre les communautés sunnite et alaouite remonte à l'époque de la guerre civile (1975-1990) où Bab al-Tebbaneh était devenu un refuge pour des habitants de la ville syrienne de Homa, rasée en 1982 par le régime de l'ancien président Hafez al-Assad après une insurrection islamiste.
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