© AFP/D. BaliltyUn mois et demi après l'annonce de sa démission (cliquez ici pour lire notre article), la course à la succession d'Ehud Olmert, rattrapé par des affaires de corruption, à la tête du parti Kadima et du gouvernement israélien se termine aujourd'hui. Les 70.000 militants du parti centriste (1% de la population) au pouvoir votent en effet pour une primaire qui s'annonce serrée.
Quatre candidats -tous membres du gouvernement actuel formé avec Kadima et notamment les Travaillistes-sont en lice : Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères et négociatrice en chef dans les discussions avec les Palestiniens, Shaul Mofaz, ministre des Transports, vice-Premier ministre et ancien chef d'état-major de l'armée, Avi Ditcher, ministre de la Sécurité intérieure et Meir Sheetrit, ministre du Tourisme.
Selon les sondages, Tzipi Livni est la favorite du scrutin. Shaul Mofaz, son challenger, a néanmoins effectué une remontée ces derniers jours et pourrait, selon son score, contraindre le parti à un second tour -il faut obtenir 40% des voix ce mercredi pour être élu, faute de quoi un nouveau vote aura lieu la semaine prochaine entre les deux premiers. De leur côté, Avi Ditcher et Meir Sheetrit font surtout de la figuration et pourraient se désister à la dernière minute.
Manque de charisme
Malgré le faible intérêt dans le pays et le manque de charisme de Tzipi Livni et Shaul Mofaz, cette élection s'annonce lourde de conséquences sur le processus de paix israélo-palestinien et la crise nucléaire iranienne. Tzipi Livni, 50 ans, est perçue comme une pragmatique. C'est elle qui mène les négociations avec Ahmed Qoreï, le représentant de l'Autorité palestinienne, négociations qu'elle considère comme "importantes", dans le cadre de la reprise du dialogue initiée aux Etats-Unis, à Annapolis, fin 2007, par le président George W. Bush.
"Une perte de temps", rétorque Shaul Mofaz, 59 ans, un "faucon" qui, dans un entretien paru vendredi dans Yédiot Aharonot promet, s'il devient Premier ministre, de "reprendre les liquidations ciblées contre le Hamas, frapper les infrastructures à Gaza, limiter les livraisons de fuel et tarir les sources de financement du terrorisme". Dans le même quotidien, Tzipi Livni affirme qu'elle ne négociera avec le Hamas qu'à condition qu'il "reconnaisse Israël, renonce au terrorisme et entérine les accords passés" avec les Palestiniens, ce que le mouvement islamiste n'est pas prêt à faire.
La différence de ton est quasi-identique sur le dossier du nucléaire iranien. Shaul Mofaz -né en Iran- s'est publiquement exprimé en faveur de l'option militaire contre Téhéran en cas de poursuite du programme nucléaire. Tzipi Livni prône quant à elle un durcissement des sanctions économiques, mais n'exclut aucune option.
Elections en vue ?
Quel que soit le vainqueur, la mise sur pied du prochain gouvernement risque de prendre plusieurs semaines. Une fois élu à la tête de Kadima, le lauréat pourrait en effet être dans l'incapacité de séduire à la fois religieux et Travaillistes pour former une coalition gouvernementale. Au total, il disposera de 42 jours pour trouver son équipe quand il sera officiellement nommé Premier ministre, juste après la démission d'Ehud Olmert.
En cas d'échec, Shimon Peres aura deux choix : soit nommer un autre Premier ministre, soit, plus probable, convoquer des législatives anticipées pour le début 2009. Législatives dont le Likoud -le parti de droite- de Benjamin Netanyahu est largement favori.
En attendant, Ehud Olmert expédiera les affaires courantes. Mais il ne désespère pas néanmoins de trouver un large accord avec Mahmoud Abbas, le président palestinien.
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