Nicolas Sarkozy et Bachar al-Assad, le 3 septembre 2008, à Damas © TF1/LCINicolas Sarkozy est arrivé mercredi en milieu d'après-midi à Damas pour poursuivre le processus de normalisation avec la Syrie et la réintégrer progressivement dans le jeu diplomatique mondial. Premier chef d'Etat occidental à se rendre sur place depuis cinq ans, il a immédiatement eu un entretien en tête à tête d'environ 90 minutes avec son homologue, Bachar al-Assad. La discussion a ensuite été élargie à leurs deux délégations.
Lors de leur conférence de presse commune, les deux hommes ont fait état de discussions positives. "Nous avons constaté un regain dans les relations entre nos deux pays", a souligné le président syrien. "Nous construisons une relation pas à pas pour oublier les désaccords du passé", a ajouté le locataire de l'Elysée. Il a rappelé que Bachar al-Assad avait tenu ses engagements, notamment sur le Liban -l'aval de la Syrie a permis l'élection du président libanais Michel Sleimane en mai.
Négociations indirectes entre Israël et la Syrie au menu jeudi
Sur la question de l'Iran, dont la Syrie est le plus fidèle allié, Nicolas Sarkozy a également souligné que Damas pouvait jouer un rôle pour faire comprendre que le monde ne pouvait accepter que Téhéran ne possède l'arme nucléaire. "Chacun à sa manière peut faire passer les messages", a-t-il indiqué. Le chef de l'Etat a en revanche redit que l'Iran avait droit, "comme tout le monde", au nucléaire civil. Tout recours à la force contre l'Iran sera un "désastre", a pour sa part averti Bachar al Assad, tout en s'engageant à contribuer à un règlement pacifique de la crise suscitée par le programme nucléaire de Téhéran.
Jeudi, l'événement-phare de cette visite sera le sommet quadripartite qui réunira la France, la Syrie, le Qatar, qui préside le Conseil de coopération du Golfe, et la Turquie. Il portera sur les discussions indirectes entre Israël et la Syrie, dont Ankara est l'entremetteur, et plus globalement les questions du Proche-Orient. Nicolas Sarkozy a proposé, qu'en temps voulu, la France serve de parrain à des négociations directes entre les deux pays. Ce que Bachar al-Assad semble vouloir : le président syrien a déclaré que la Syrie voulait que la France joue un rôle dans les négociations indirectes de paix entre son pays et Israël.
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