Olmert démissionne, Livni s'active en coulisses

le 21 septembre 2008 à 11h10 , mis à jour le 21 septembre 2008 à 18h59

Le Premier ministre israélien, accusé de corruption, a remis dimanche soir sa démission au président Shimon Peres.

Ehud Olmert annonçant sa démission du poste de premier ministre israélien (21 septembre 2008)Ehud Olmert annonçant sa démission du poste de premier ministre israélien (21 septembre 2008) © TF1/LCI

Ehud Olmert, impliqué dans des affaires de corruption, s'était engagé à démissionner une fois que le parti Kadima se serait doté d'un nouveau dirigeant. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, lui ayant succédé à la tête du parti au pouvoir, le Premier ministre israélien a officialisé dimanche sa démission. L'annonce de ce départ a été faite dès l'ouverture du conseil des ministres hebdomadaire, dans un message diffusé en direct par les médias israéliens. Et quelques heures plus tard, le Premier ministre présentait sa démission au président Shimon Peres.

Ce départ attendu ouvre cependant pour la politique israélienne une période d'incertitude. En attendant la désignation d'un nouveau Premier ministre ou la tenue d'élections anticipées, Ehud Olmert restera au pouvoir à la tête d'un gouvernement de transition. Il pourrait ainsi rester au pouvoir encore des semaines, voire plusieurs mois, pour gérer les affaires courantes le temps qu'un nouveau gouvernement soit formé.

La difficile alchimie du prochain gouvernement

Le président israélien dispose désormais d'un délai de sept jours pour consulter les chefs des 13 partis représentés au Parlement et désigner le député le mieux placé pour tenter de former un gouvernement. Tzipi Livni a toutes les chances d'être choisie par Shimon Peres pour constituer une équipe gouvernementale. Si la ministre des Affaires étrangères, négociatrice en chef israélienne aux pourparlers de paix avec les Palestiniens, obtient le feu vert du président, elle disposera d'un délai de 42 jours pour conclure un nouvel accord de coalition.

Une tâche qui s'annonce ardue, puisqu'il lui faudra consulter le Parti travailliste, les ultra-orthodoxes du Shass et d'autres formations représentées à la Knesset, où son parti ne compte que 29 des 120 élus. Résolue à ne pas perdre de temps, Tzipi Livni, élue de justesse mercredi lors des primaires au sein du parti centriste face à son principal rival Shaul Mofaz, le ministre des Transports, avait aussitôt réuni la direction du parti afin de tenter de resserrer les rangs de sa formation tout en entamant ses consultations avec les différents partis.

Le sort de la future coalition qu'elle entend former dépendra en grande partie de la position du Shass avec ses 12 députés sur 120. Le chef de cette formation Eli Yishaï a posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni, et notamment que celui-ci "écarte toute négociation sur l'avenir de Jérusalem". Or, le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue une des principales pierres d'achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens. Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales, hypothèse exclue, jusqu'à présent, par Tzipi Livni et le ministre des Finances Roni Bar On, qui l'a soutenue dans sa campagne. Si Livni échoue à constituer une coalition, Israël pourrait se diriger vers des élections législatives anticipées, une perspective favorable, selon les sondages, au Likoud de Benjamin Netanyahou.

D'après agences

le 21 septembre 2008 à 11:10
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