Bachar al-Assad et Nicoals Sarkozy, à Damas, le 3 septembre 2008 © TF1-LCIEn juillet, Bachar el-Assad était venu à Paris dans le cadre du sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée. Dans sa volonté de normaliser les relations avec la Syrie, stoppées en 2005 par Jacques Chirac après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri dont Damas est soupçonné d'être le commanditaire, Nicolas Sarkozy, arrivé mercredi en fin d'après-midi à Damas, rend donc mercredi et jeudi la pareille à son homologue syrien. "Même s'il est risqué, poursuivre le dialogue avec la Syrie est nécessaire", affirme le chef de l'Etat, qui refuse l'"isolement" de Damas -sa visite est la première d'un chef d'Etat occidental depuis cinq ans.
Après plusieurs mois de contacts plus ou moins efficaces depuis fin 2007, la résolution de la crise politique libanaise, avec l'élection en mai dernier du président Michel Sleimane, a été le point de départ de la détente avec Damas. La communauté internationale et Nicolas Sarkozy y ont alors vu la volonté de Bachar el-Assad de revenir dans le jeu diplomatique. La reprise effective des discussions entre la France et la Syrie avait eu lieu dans la foulée.
La réintégation de Bachar al-Assad était donc intervenue deux mois plus tard donc avec son invitation en juillet à Paris, où sa présence au défilé du 14-Juillet avait choqué une partie de classe politique et les associations de défense des droits de l'Homme -ces associations demandent d'ailleurs à Nicolas Sarkozy d'aborder le sujet à Damas. Nicolas Sarkozy souligne pour sa part que cette rencontre de juillet avait "permis d'enregistrer deux nouvelles avancées : l'annonce de l'établissement de relations diplomatiques entre Beyrouth et Damas" et "la décision de la Syrie de voir, le moment venu, la France co-parrainer avec les Etats-Unis la négociation directe syro-israélienne".
Sommet quadripartite
Outre le dossier libanais, la poursuite de cette négociation syro-israélienne, encore indirecte, sera d'ailleurs l'objectif de Nicolas Sarkozy. Soucieux d'imposer la France et l'Europe dans le jeu diplomatique proche-oriental, largement dominé par les Etats-Unis, le locataire de l'Elysée, président en exercice de l'Union européenne, a réussi à organiser pendant sa visite un sommet quadripartite entre, outre la Syrie et la France, la Turquie, émissaire dans les pourparlers indirects en cours entre Israël et la Syrie, et le Qatar, qui préside le Conseil de coopération du Golfe. Les autres questions du Proche-Orient seront également au menu de la réunion.
Enfin, comme à chaque visite à l'étranger, Nicolas Sarkozy tentera d'obtenir des contrats aux entreprises françaises. L'Elysée anticipe ainsi l'extension des contrats d'exploration et d'exploitation pour Total.
Sans Carla |
Question délégation, Carla Bruni-Sarkozy n'accompagne pas son mari car il ne s'agit pas d'un voyage d'Etat, mais d'une simple visite officielle. Seront présents, avec Bernard Kouchner, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, Philippe Marini, président du groupe France-Syrie du Sénat, ainsi que l'ancien ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette, vice-président du groupe France-Syrie de l'Assemblée. |
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