Tzipi Livni. © TF1/LCILa chef du parti au pouvoir en Israël, Tzipi Livni, s'apprêtait dimanche à se prononcer en faveur d'élections anticipées au début de 2009 après avoir échoué à constituer une coalition gouvernementale.
"Je ne suis pas prête à céder à des chantages politiques et budgétaires. C'est pourquoi nous nous dirigeons vers des élections. Je n'en ai pas peur", a déclaré la ministre des Affaires étrangères et dirigeante du Kadima (centre) dans une brève interview au quotidien israélien Haaretz. Tzipi Livni doit rencontrer en fin d'après-midi à Jérusalem, le président Shimon Peres afin de lui faire part officiellement de sa décision. Elle a ainsi tiré la conclusion de plus d'un mois de tractations vaines avec plusieurs partis. Son sort a été scellé par la défection ces derniers jours des ultra-orthodoxes du Shass (12 députés sur les 120 de la Knesset) et de la Liste Unifiée de la Torah (6 députés).
"Irresponsable de céder" aux extrémistes
Ces deux formations, dont l'appui était indispensable pour dégager une majorité au Parlement, avaient exigé une forte augmentation des allocations familiales ainsi que l'engagement de Mme Livni de ne mener aucune négociation avec les Palestiniens sur la question ultra-sensible de Jérusalem-est annexé par Israël. Sur le papier, Mme Livni disposait d'un délai légal d'encore 9 jours pour tenter de former son gouvernement. En théorie, elle pourrait constituer une équipe minoritaire, se basant notamment sur le soutien des députés de la minorité arabe, mais elle a écarté cette option dans le passé.
De son côté, le parti des Retraités (7 députés), qui faisait partie de la majorité sortante, avait réclamé une rallonge de 600 millions de dollars pour les pensions, une somme jugée exorbitante par Mme Livni. Le député du Kadima Tzahi Hanegbi, chargé de mener les tractations politiques, a justifié l'attitude de la dirigeante de son parti. "Si elle avait accepté de céder sur Jérusalem, toute possibilité de négociations avec les Palestiniens et la Syrie aurait été bloquée. Il aurait été irresponsable de laisser des rabbins ayant des positions extrémistes décider pour Israël", a-t-il ainsi déclaré.
Un scrutin dès le 17 février ?
Selon les sondages publiés ces derniers mois, le dirigeant de l'opposition de droite, l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, était le mieux placé pour succéder au Premier ministre Ehud Olmert. Mais son avance a eu tendance à se réduire face au Kadima depuis que Tzipi Livni en a pris la direction, le mois dernier, après le retrait de M. Olmert englué dans des affaires de corruption. Aux termes de la procédure électorale, le président Peres doit mener trois jours de consultations. S'il lui apparaît impossible de former un gouvernement, il doit l'annoncer à la présidente de la Knesset, Dalia Yitzhik.
Puis, durant une période de trois semaines, tout député peut tenter de former une coalition soutenue par une majorité absolue d'au moins 61 députés et demander s'il y parvient au président de former un gouvernement. Si une telle demande n'est pas présentée aux termes de ces trois semaines, le président en informe la présidente du Parlement. C'est à ce moment que commence un décompte de 90 jours pour la tenue d'élections législatives. Selon les médias, le scrutin devrait se tenir le mardi 17 février.
D'après agences
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