Ehud Olmert annonçant sa démission du poste de premier ministre israélien (21 septembre 2008) © TF1/LCITzipi Livni, qui a succédé à la tête du parti Kadima au Premier ministre Ehud Olmert, démissionnaire, disposait légalement d'un total de 42 jours, expirant le 3 novembre, pour former son gouvernement. Mais face à des discussions de plus en plus ardues, elle avait décidé cette semaine de lancer un ultimatum : dimanche, elle pourrait annoncer les membres de sa coalition... ou cesserait les négociations. C'est apparemment la deuxième option qui a prévalu, croyait savoir samedi soir la radio israélienne : elle aurait renoncé à sa mission et s'apprêterait à recommander la convocation d'élections législatives anticipées.
L'actuelle ministre des Affaires étrangères aurait pris sa décision à l'issue de consultations à huis clos, après le refus la veille du parti religieux Shass de faire partie d'une éventuelle coalition. Tzipi Livni devrait annoncer sa décision dimanche à Shimon Peres, a ajouté la radio, précisant que des élections sont désormais probables en février.
Difficiles marchandages
La défection des ultra-orthodoxes du Shass, qui représentaient 12 députés et faisaient partie de la majorité sortante, a porté un coup très dur à la ministre des Affaires étrangères. Le chef de ce parti, Eli Yishaï, ministre du Commerce et de l'Industrie, s'est justifié en dénonçant vendredi le refus de Tzipi Livni d'accorder une augmentation des allocations familiales et de s'engager à ne pas négocier avec les Palestiniens sur Jérusalem-est, annexée par Israël. Deux conditions sine qua non posées par le Shass.
Le dernier espoir de Tzipi Livni semblait à ce moment-là de constituer une majorité autour de Kadima (29 députés sur 120) avec les travaillistes (19 députés), le parti des Retraités (7 députés), membres de la coalition sortante, le Meretz (5 députés), un parti d'opposition de gauche, et les ultra-orthodoxes de la Liste unifiée de la Torah (6 députés). Pourtant, samedi, trois de ces six députés de la petite liste ultra-orthodoxe, sur laquelle Tzipi Livni comptait, avaient également écarté toute participation à une coalition sous sa direction. La Liste unifiée de la Torah réclamait que la ministre des Affaires étrangères promette de ne pas négocier avec les Palestiniens sur la question de Jérusalem. Et cette formation semblait d'autant moins encline à céder sur ce point qu'un de ses députés, Méir Poroush, est candidat à la mairie de Jérusalem pour les municipales du 11 novembre et qu'il a fait campagne sur "l'unité" de la ville, en préconisant la construction de nouveaux logements dans les quartiers juifs de Jérusalem-est.
La marge de manoeuvre de Tzipi Livni, qui s'était réduite au cours des derniers jours, semblait donc plus qu'étroite, même si elle avait voulu pousser les discussions jusqu'au terme légal du 3 novembre. En théorie, elle pourrait encore constituer un gouvernement minoritaire, se basant notamment sur le soutien des députés représentant la minorité arabe, mais elle a écarté cette option dans le passé. Les élections anticipées semblent donc difficilement évitables. Le président Peres peut en principe désigner un autre parlementaire pour tenter de former un cabinet dans un délai de 14 jours, mais cette option paraît peu probable étant donné le rapport des forces au parlement.
D'après agences
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