Dans Gaza soumis au blocus

Par Denis BRUNETTI, envoyé spécial à Gaza, le 04 décembre 2008 à 14h21 , mis à jour le 04 décembre 2008 à 15h10

Reportage - Israël a autorisé jeudi le passage des journalistes vers Gaza. Denis Brunetti, notre correspondant à Jérusalem, s'est rendu sur place.

gaza reportage vendeur rueDans une rue de Gaza : un groupe électrogène © TF1/D. Brunetti

La nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre ce jeudi matin : au bout de 4 semaines de fermeture, le passage d'Erez est rouvert pour les journalistes ! Depuis le 5 novembre, Israël avait en effet interdit toute entrée aux journalistes, mais aussi auxdiplomates, officiellement pour des raisons de sécurité.

Nous nous sommes donc pressés pour découvrir l'état de la situation à  Gaza, soumis à un blocus encore plus strict qu'auparavant depuis un mois après un échange de brèves incursions israéliennes et de roquettes palestiniennes. La trêve, établie en juin dernier, est de fait suspendue et les points de passage commerciaux fermés. Résultat : la pénurie touche encore plus fort la bande de Gaza.
 
"Diesel égyptien"

Première vision étonnante pourtant : des embouteillages dans Gaza-ville et des stations service qui semblent ouvertes alors qu'Israël a coupé aussi tout approvisionnement de carburant. Mais en s'approchant, on découvre qu'on y vend en fait  du "diesel égyptien", du diesel qui passe par les fameux tunnels de contrebande avec l'Egypte, creusés au sud de la bande de Gaza. Alors chacun remplit son réservoir ou des bidons pour alimenter un groupe électrogène.
 
Car le problème principal ici, c'est l'électricité. La centrale électrique, qui pour sa part fonctionne au mazout, s'est encore arrêtée dimanche. Les coupures de courant sont quasi-quotidiennes. Et il faut s'adapter : on évite de prendre les ascenseurs tandis que sur les trottoirs, les groupes électrogènes sont alignés devant les boutiques.  Et chez soi, on vit souvent à la bougie, à la lampe à pétrole. Un Palestinien me raconte que sa fille lit et étudie à la lumière de son téléphone portable ! Conséquences aussi sanitaires dans les hôpitaux où les machines de dialyse ou cardiaque sont arrêtées ou menacent de l'être.
 
Banques fermées, salaires non versés

La nouvelle pénurie aujourd'hui, c'est l'argent. Les banques de Gaza ont fermé. Sur leurs devantures, une affichette explique qu'elles n'ont plus de liquidité pour payer les salaires. Israël bloque en effet les transferts de fonds, y compris ceux de l'Autorité palestinienne de Ramallah. Devant les distributeurs automatiques, on peste en consultant son compte inutilisable. D'autant que c'est bientôt l'Aïd Al Adha, la Fête du Sacrifice où l'on égorge le mouton, l'on s'offre des cadeaux, notamment des beaux habits aux enfants...  
 
Alors chacun tente de faire ses achats tant bien que mal dans les boutiques. Mais, en fait, tout ce qu'on voit sur les trottoirs arrive d'Egypte par les tunnels de contrebande. Un petit vendeur confirme. "Tout ca arrive par les points de passage", dit-il. "Mais les points de passage israéliens sont fermés !" lui fait-on remarquer. "Non, je parle des tunnels. Ce sont maintenant les vrais points de passage commerciaux", répond-il simplement. Pour l'Aïd, des moutons sont même passés par ces boyaux souterrains. On peut en fait y commander ce qu'on veut. Et les shekels s'en vont aussi par là pour acheter les produits égyptiens.
 
Israël a cependant autorisé aujourd'hui le passage de 40 camions de produits de première nécessité -farine, lait pour enfants... Mais ce ne sera encore qu'une goutte d'eau dans le blocus. A Gaza, on souffre, on s'adapte, on se débrouille.

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Par Denis BRUNETTI, envoyé spécial à Gaza le 04 décembre 2008 à 14:21
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7 Commentaires

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  • Alcibiade, le 05/12/2008 à 13h27

    On ne dit pas quelque points : - Israel à le droit de fermer ses frontieres comme chaque pays ( ce n'est donc pas un blocus... il y a toujours la frontiére avec l'Égypte qui eux aussi l'onfermé). - Israel reçoit des tires de roquettes sur les écoles tous les jours. - Le gourvernement du territoire de Gaza est considéré comme terroriste par tous les pays occidentaux. - Et pour finir... avez vous une idée des sommes d'argent donné au territoire palestinnien depuis des années ? à votre avis où est sont passé ses centaines de millioons ? et oui en arme

  • AYMAN, le 05/12/2008 à 10h19

    ===Bonjour, il faut parler aussi des enfants et les malades qui meurent tous les jours fautes de médicaments, les civiles qui se font tué chaque jour et tout cela car c'est des musulmans qui résistent à leur oppresseur qui est aussi le protéger des Américains et de Européens. Merci de diffuser c'est la démocratie.

  • Gregoire, le 04/12/2008 à 19h56

    Je trouve cet acharnement contre les palestiniens totalement choquant , le silence de la communauté internationale raisonne.

  • Nathalie, le 04/12/2008 à 19h31

    C'est curieux qu'on entend toujours qu'un son de cloches !! dans votre article, vous oubliez seulement que des grandes villes comme Sdérot et Ashkelon on vit dans l'angoisse de tirs de Kassam, et ce depuis très ou plutôt trop longtemps, de l'autre côté, on n'est pas en train de parler d'essence ou d'électricité mais de survie Il faut combattre le terrorisme dans le monde entier et pas s'apitoyer de façon puérile le moins qu'on puisse faire avec des gens qui tirent des kassam sur des écoles, sur des civils, et de fermer les points de passage afin de se protéger un minimum; Arrêter de prendre les gens pour des imbéciles et de défendre ceux qui attaquent Citez moi une seule ville qui vit ce que vit depuis des mois la ville de Sdérot ?

  • Mfeivel, le 04/12/2008 à 19h06

    Et durant ce temps, le Sud d'Israel est soumis au bombardement quotidien... sans commentaire

  • Dany55, le 04/12/2008 à 18h22

    Pourquoi l'Egypte n'ouvre pas un point de passage, Il est normal quand on recoit des roquettes sur son territoire d'une maniere continue qu'on pense a se proteger en fermant ses frontieres. Pas un seul pays au monde puisse supporter d'etre agresse en permanence par des tirs de roquettes sans reagir..

  • Rippert32, le 04/12/2008 à 18h18

    Ils n'ont qu'à arrêter de balancer des kassam ! Tout redeviendra normal.

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