Bernard Kouchner, le 30 décembre 2008 en direct sur TF1 depuis le Quai d'Orsay © TF1-LCI 
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> Reportage à la lisière de la bande de Gaza
"Nous (l'UE) continuons à nous acharner vers la paix !", disait Bernard Kouchner juste avant que soit signé un texte commun des 27 appelant à un "cessez-le-feu immédiat et permanent" dans la bande de Gaza de la part du Hamas comme d'Israël. Mais pour l'heure, on semble plutôt se diriger vers une sorte de trêve humanitaire temporaire. Car la proposition envoyée à l'Etat hébreu par le ministre français des Affaires étrangères mardi dans l'après-midi en vue d'un cessez-le-feu provisoire de 48 heures serait "envisagée favorablement" par le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a affirmé dans la soirée son porte-parole. Mais il a souligné qu'une telle perspective de suspension des hostilités "n'empêcherait pas Israël de préparer une offensive terrestre".
D'où les appels à un cessez-le-feu durable. En pleine réunion au Quai d'Orsay avec ses 26 homologues européens (la France étant encore présidente jusqu'à jeudi, avant de céder la place à la République tchèque), Bernard Kouchner s'est éclipsé quelques minutes mardi soir pour intervenir dans le 20h de TF1. Le chef de la diplomatie française a expliqué le texte adopté un peu plus tard par les 27 : "Nous souhaitons un cessez-le-feu, qu'il soit permanent, qu'il soit respecté, avec un accès humanitaire bien sûr parce que les victimes sont nombreuses et il faut s'assurer des secours et puis aussi un retour au processus de paix".
Outre l'appel à un "cessez-le-feu immédiat et permanent", la déclaration commune de l'UE diffusée tard dans la soirée appelle aussi à "l'ouverture pérenne et normale de tous les points de passage" menant au territoire contrôlé par le Hamas depuis juin 2007 et propose l'acheminement d'une aide alimentaire, d'une aide médicale urgente et de carburant vers Gaza. L'UE annonce enfin qu'elle va envoyer "très prochainement" une délégation ministérielle dans la région. Un peu plus tôt, le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie et ONU) demandait également un cessez-le-feu "immédiat" à Gaza qui soit "pleinement respecté", selon un compte-rendu publié par l'ONU après une conférence téléphonique.
Sarkozy en Israël lundi ?
Nicolas Sarkozy pourrait ensuite se rendre lundi prochain en Israël, selon une source israélienne autorisée qui affirmait toutefois mardi soir que ce n'était "pas encore totalement finalisé". En attendant, le président français rencontrera vendredi la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni. Et il a confié au sénateur UMP Philippe Marini une mission "d'étude, d'analyse et de contacts" sur le Proche-Orient, a indiqué ce parlementaire mardi. A Paris et dans une dizaine d'autres villes, des milliers de personnes sont descendues mardi dans la rue pour l'arrêt des violences et surtout pour dénoncer les attaques israéliennes.
De son côté, le président américain George W. Bush a appelé mardi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayad pour discuter "des conditions d'un cessez-le-feu durable" à Gaza, a annoncé la Maison Blanche. Marquant clairement son soutien, la Maison-Blanche avait affirmé lundi comprendre qu'Israël "doive agir pour se défendre", estimant que l'Etat hébreu ne voulait pas reprendre le contrôle de la bande de Gaza.
Israël et le Hamas multiplient les menaces
Mais la scène internationale n'a pas la tâche facile, car les deux parties semblent plus déterminées que jamais. Engagé dans une "guerre sans merci" pour écraser le Hamas, Israël attaque le mouvement islamiste pour la 4e journée consécutive. Ses raids aériens ont fait depuis le lancement samedi de l'opération "plomb durci" au moins 370 morts Palestiniens, selon un dernier bilan. Parmi ces victimes, au moins 57 morts civils dont 21 enfants et au moins 7 femmes, selon l'ONU. Laissant planer la menace d'une offensive terrestre, Israël, qui a mobilisé 6.500 réservistes, a déployé lundi des renforts d'infanterie et de blindés à la lisière de la bande de Gaza.
Dernière déclaration de fermeté de la part de l'Etat hébreu : le président israélien Shimon Peres a expliqué mardi qu'Israël souhaitait parvenir à "un arrêt du terrorisme" et non "pas à un cessez-le-feu". Avant que le chef d'état-major ajoute laconiquement que "le travail n'est pas encore achevé" dans la bande de Gaza. Même ton de la part du chef de l'opposition israélienne, le leader du parti Likoud (droite) Benjamin Netanyahu, dont le parti est favori pour les législatives du 10 février prochain, qui a affirmé sur CNN qu'il fallait "se débarrasser" du Hamas. Réponse du Hamas mardi, tout aussi ferme : le mouvement islamiste a menacé de frapper le territoire israélien plus en profondeur avec ses roquettes si l'Etat hébreu poursuivait son offensive. 20 roquettes palestiniennes ont encore été tirées mardi sur le sud d'Israël faisant un blessé, a indiqué la police israélienne. Au total, cinq Israéliens ont été tués par des tirs palestiniens depuis le début de l'opération lancée samedi par l'Etat hébreu.
Le bateau qui avait quitté Chypre, chargé d'humanitaires, de médecins et de médicaments a été refoulé mardi par Israël. Une interception plutôt musclée à en croire les images du navire abîmé. Mais l'Etat hébreu affirme qu'il n'y a pas eu d'incident armé. En tous cas, le bateau a du accoster à Tyr, dans le sud du Liban.
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