Fumées dans le ciel de Gaza après des raids israéliens (27 décembre 2008) © TF1/LCI |
> Le récit de notre correspondant à Jérusalem |
Des dizaines de raids entamés au même moment. L'aviation israélienne a lancé samedi une attaque massive contre des installations du Hamas dans la bande de Gaza, faisant de nombreuses victimes. L'opération "plomb durci", une des attaques les plus meurtrières lancée par Israël contre les Palestiniens depuis des dizaines d'années, a été déclenchée en fin de matinée, lorsqu'une soixantaine d'appareils israéliens a bombardé une cinquantaine de sites du mouvement islamiste, notamment le quartier général de la police dans la ville de Gaza et des camps d'entrainement. Les avions israéliens ont également détruit le siège de la présidence palestinienne à Gaza, dont le Hamas avait chassé ses rivaux du Fatah en juin 2007. Au moins 200 personnes sont mortes. Parmi elles, le chef de la police nommé par le Hamas, le chef de l'unité de sécurité et de protection du Hamas et le gouverneur du centre de la bande de Gaza. Plus de 700 personnes pourraient également avoir été blessées.
"Nous appelons toutes nos troupes à venger par la force les opérations de l'ennemi" israélien, a aussitôt lancé un porte-parole du Hamas dans un message diffusé à la radio. Une riposte qui ne s'est pas faite attendre. Toujours selon la radio du Hamas, des dizaines de roquettes ont en effet été tirées de la bande de Gaza contre Israël en représailles, provoquant la mort d'une personne, une civile israélienne, dans la ville de Netivot, dans le sud du pays. Sans pour autant stopper l'opération israélienne : l'aviation israélienne a poursuivi samedi à la nuit tombée ses attaques dans la bande de Gaza, frappant une fonderie et d'autres sites dans le sud de la bande côtière.
"Nous n'avons pas quitté Gaza pour y revenir"
De son côté, l'armée israélienne a justifié les raids, destinés, selon elle, à "stopper les attaques terroristes de ces dernières semaines contre les agglomérations civiles israéliennes". Ces derniers jours, les dirigeants israéliens avaient à maintes reprises averti qu'ils voulaient intervenir militairement pour faire cesser les tirs de roquettes et d'obus de mortier depuis la bande de Gaza, qui se sont intensifiés depuis la fin, le 19 décembre, d'une trêve de six mois entre Israël et le Hamas. Samedi, le ministre de la Défense Ehud Barak a même averti que "l'opération se poursuivra et sera intensifée autant que cela sera nécessaire", même si le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, s'est engagé samedi soir à éviter une "crise humanitaire" dans la bande de Gaza.
Mais le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a assuré samedi soir que les attaques israéliennes ne feraient pas plier son mouvement, et ce, même si la bande de Gaza devait être "anéantie". Au cours d'une interview à la chaîne de télévision Al Djazira, Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas en exil à Damas, a même prôné une troisième intifada contre Israël. Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui annoncé avoir entamé des "contacts urgents" avec de nombreux pays pour faire cesser les attaques israéliennes, qu'il a qualifié d'"agression lâche".
Condamnant "les agressions militaires israéliennes", l'Egypte a décidé de son côté d'ouvrir le terminal de Rafah, frontalier de la bande de Gaza, et d'accueillir des blessés palestiniens. Le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a pour sa part appelé à un "cessez-le-feu immédiat" à Gaza, alors que Nicolas Sarkozy a demandé "l'arrêt immédiat des tirs de roquettes sur Israël ainsi que des bombardements israéliens sur Gaza". Et si Londres s'est dit "profondément inquiet", Washington a pressé Israël d'éviter les victimes civiles à Gaza. Quant au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, il s'est dit "profondément inquiet des violences et du bain de sang à Gaza" et a appelé à un "arrêt immédiat des violences".
D'après agences
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