Image de l'offensive aérienne israélienne à Gaza, le 28 décembre 2008 © TF1/LCILe but de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza est de faire tomber le régime du Hamas, a expliqué lundi le vice-Premier ministre israélien Haïm Ramon sur la chaîne privée "10", tandis que le ministre de la Défense Ehud Barak parlait d'une guerre "sans merci", réitérant ses menaces contre le Hamas. Après les frappes aériennes depuis lundi matin sur Gaza, qui ont fait au moins 360 morts dont 57 civils (selon l'ONU), Israël a donné son feu vert lundi à la mobilisation de milliers de réservistes en vue d'une offensive terrestre (lire notre article). Parallèlement, les réactions internationales se multiplient à propos de cette opération dite "plomb durci".
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et les ministres des Affaires étrangères du Quartette pour le Proche-Orient devaient s'entretenir mardi après-midi par téléphone sur la situation à Gaza, selon des sources diplomatiques. Alors que la France occupe jusqu'à jeudi la présidence tournante de l'UE, le Quai d'Orsay a annoncé que les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réuniraient mardi en début de soirée à Paris en urgence pour évoquer la situation à Gaza, avant un dîner de travail. Une initiative lancée "en accord" avec la République tchèque, qui prend le relais le 1er janvier à la tête de l'UE, précise le communiqué, selon lequel "les ministres évoqueront la contribution de l'Union européenne au règlement de la crise actuelle, en liaison avec les efforts de la communauté internationale, notamment ceux du Secrétaire Général des Nations unies", Ban Ki-moon. Ce dernier a d'ailleurs réitéré lundi son appel à la cessation immédiate des violences à Gaza, qualifiant l'"escalade" actuelle d'"inacceptable". Bernard Kouchner tente de négocier une trêve humanitaire afin de mettre un terme à l'opération de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, selon une source diplomatique française.
Après un entretien avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dimanche, Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak ont de leur côté évoqué lundi lors d'un entretien téléphonique "les modalités envisageables d'une sortie de crise" à Gaza, selon l'Elysée, qui a annoncé que le président français recevrait Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, début janvier à l'Élysée. La France a d'ores et déjà proposé de renforcer son aide humanitaire à destination de la population de Gaza.
Appel des talibans et manifestations de soutien
La Maison Blanche a réclamé lundi que le Hamas cesse ses tirs de roquettes sur Israël et accepte un cessez-le-feu "durable" pour que prennent fin les hostilités en cours et s'est dite inquiète devant la situation humanitaire dans la Bande de Gaza, demandant "à toutes les parties" de permettre l'acheminement de nourriture et de médicaments. Quoi qu'il en soit, Israël agit pour se défendre, ne cherche pas à reprendre Gaza, selon la Maison Blanche. Et la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a discuté par téléphone avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et des dirigeants du monde pour tenter de restaurer un cessez-le feu entre Israël et le Hamas, a annoncé lundi le département d'Etat. Entre autres réactions, le Canada et l'Allemagne ont rendu le Hamas responsable de l'escalade de violence. Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband s'est montré plus critique vis-à-vis d'Israël, déplorant des pertes humaines "inacceptables".
Sans surprise, le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a affirmé lundi qu'il soutenait l'appel lancé par le Hamas aux Palestiniens pour mener une 3e intifada contre Israël. A Teheran, des milliers d'Iraniens ont manifesté aux cris de "Mort à Israël" et "Mort à l'Amérique", contre les raids israéliens dans la bande de Gaza. Des centaines de partisans du leader radical chiite Moqtada Sadr ont aussi manifesté lundi à Bagdad et à Koufa pour protester contre les raids de l'aviation israélienne sur Gaza et exprimé leur soutien aux Palestiniens. Des drapeaux israéliens et américains ont été brûlés lundi lors d'une manifestation devant l'ambassade d'Israël à Athènes pour protester contre les bombardements israéliens sur Gaza. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi dans des villes en France pour dénoncer l'opération militaire israélienne. Les talibans afghans ont appelé les musulmans à s'unir pour mener une guerre sainte contre Israël en répresailles aux attaques aériennes, dans un communiqué sur leur site internet.
Ton ferme
Comme la Malaisie, l'Indonésie, 1er pays musulman du monde, a dénoncé "un usage disproportionné de la force" de la part d'Israël. Résumant la position de nombreux pays musulmans, le président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le président sénégalais Abdoulaye Wade, a réfuté la raison avancée par Israël pour ses bombardements, qu'il a jugés "inacceptables" et qui "ne peuvent pas s'expliquer par des lancements de roquettes opérés par le Hamas". La Chine a aussi employé un ton ferme envers Israël, se disant "choquée et sérieusement préoccupée", tandis que l'Afrique du Sud a convoqué l'ambassadeur d'Israël pour dénoncer la "brutale agression" de Tsahal. La Syrie a estimé que ses négociations indirectes de paix avec Israël, lancées en mai par l'intermédiaire de la Turquie, ne pourraient pas se poursuivre. Lutte Ouvrière (LO), la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et le Parti Ouvrier Indépendant (POI) ont apporté leur soutien au peuple palestinien, en réaction à l'offensive israélienne.
Ailleurs dans le monde, plusieurs pays ont estimé que la responsabilité des violences était partagée. Le Japon, mais aussi la Pologne et le Conseil de l'Europe ont ainsi appelé Israël comme le Hamas à la retenue. Même demande de la part du ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan, pour qui "la poursuite du conflit pourrait provoquer sa propagation au-delà des frontières de Gaza".
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