Fumée d'incendie à Gaza pendant les raids israéliens (28 décembre 2008) © TF1/LCIL'embrasement. Pour la deuxième journée consécutive, l'armée israélienne a pilonné dimanche les positions du Hamas dans la bande de Gaza, où les raids menés depuis samedi ont fait au moins 280 morts et plus de 600 blessés, essentiellement des policiers du Hamas, selon les services hospitaliers palestiniens. Les raids signalés dimanche ont visé la ville de Gaza, le camp de Jabaliya, dans le nord du territoire, ainsi que dans le sud, Khan Younès et Rafah, selon des témoins. L'une des frappes a détruit la principale prison de Gaza et un QG des services de sécurité du Hamas, toujours selon des témoins. Le bâtiment du "Conseil des ministres" du Hamas et les studios de la télévision du Hamas, Al-Aqsa, ont également été visés, tout comme des tunnels de contrebande dans le secteur de Rafah à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte. Côté palestinien, une vingtaine de roquettes ont été tirées dimanche depuis la bande de Gaza, sans faire de victimes.
Cette flambée de violence pourrait encore s'aggraver dans les heures qui viennent, Israël envisageant de lancer une opération terrestre "si c'est nécessaire", a déclaré dimanche le ministre israélien de la Défense Ehud Barak. D'ores et déjà, Israël a commencé à masser des chars et des troupes le long de sa frontière avec la bande de Gaza. Au moins seize chars ont notamment été positionnés à la frontière nord, près du point de passage d'Erez. Des tentes de l'armée israélienne ont également été installées et les soldats affluent avec leur équipement de combat, alors que plus de 6000 réservistes ont été mobilisés. Un convoi humanitaire a par ailleurs été autorisé à se rendre à Gaza pour venir en aide à la population.
Abbas : "Nous aurions alors pu éviter ce qui s'est passé"
Israël justifie ces frappes par la nécessité de faire cesser les tirs quasi quotidiens de roquettes et d'obus de mortier d'activistes islamistes de Gaza contre son territoire. Côté palestinien, le chef politique en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a appelé samedi depuis Damas à lancer une troisième Intifada contre Israël. Le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh a pour sa part déclaré que "la Palestine n'a jamais vu de massacre plus hideux". De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a estimé que le Hamas aurait pu éviter l'offensive, en mettant fin aux tirs de roquettes contre l'Etat juif. Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a lui déclaré avoir demandé à ses combattants au Sud-Liban de se tenir prêts à une éventuelle attaque israélienne sur le territoire libanais.
Une nouvelle fois, le Caire tente de jouer les intermédiaires en négociant un cessez-le-feu qui pourrait être suivi d'une trêve. Une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères aura lieu mercredi pour définir ce plan. Mais les ministres "doivent décider des moyens pour parvenir à un cessez-le-feu entre les deux parties en préalable à un accord sur la trêve qui mènerait à l'ouverture des points de passage entre Israël et Gaza", explique l'Egypte. "L'essentiel maintenant est d'examiner les moyens pour arrêter l'agression et les opérations militaires. Nous avons également convoqué l'ambassadeur israélien pour lui dire que nous rejetons la poursuite des opérations militaires et une invasion terrestre par les forces israéliennes", a expliqué le ministre égyptien des Affaires étrangères.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est lui réuni dans l'urgence dans la nuit de samedi à dimanche pour étudier un projet de résolution présenté par la Russie, ou à la demande de la Libye, seul pays arabe à y siéger, selon les sources. Après plusieurs heures de discussions, l'ONU a appelé dimanche "à la fin immédiate de toutes les activités militaires dans la bande de Gaza", dans une déclaration non contraignante. Dans sa déclaration, le Conseil appelle les deux parties à répondre aux "besoins humanitaires et économiques à Gaza" en prenant les mesures nécessaires, dont l'ouverture des frontières afin de permettre aux habitants du territoire côtier de s'approvisionner en nourriture, médicaments et carburant. Les membres du Conseil "insistent sur la nécessité de rétablir une accalmie intégrale" afin d'ouvrir la voie à une solution politique entre Israéliens et Palestiniens.
Israël viole une résolution de l'ONU en survolant le Liban |
Au moins cinq avions de chasse israéliens ont survolé dimanche à basse altitude le sud du Liban, qui a également fait l'objet d'une reconnaissance aérienne pendant la nuit, affirme un responsable de la sécurité libanaise. Un peu plus de deux ans après le conflit en 2006 entre Israël et le Hezbollah libanais, la tension reste palpable dans cette région. Le chef du mouvement chiite qui doit s'exprimer dans la journée a menacé de "détruire" l'Etat d'Israël en cas de nouveau conflit, et Israël a menacé pour sa part de s'en prendre aux installations civiles du Liban. Selon l'Etat hébreu, le Hezbollah a "triplé sa puissance de feu" depuis le dernier conflit. Les survols israéliens du Liban constituent une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis fin en août 2006 à la guerre de 34 jours. Pour les Nations unies, ces survols minent la crédibilité de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), déployée dans le sud à la frontière avec Israël. |
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




