© AFPTrois semaines après le début de l'offensive meurtrière lancée par Israël contre le Hamas, la perspective d'un cessez-le-feu unilatéral israélien se profilait à Gaza, théâtre samedi de nouveaux combats. Mais le Hamas n'en a cure. La "confrontation" se poursuivra, a ainsi affirmé samedi matin un responsable du mouvement islamiste palestinien Hamas. Ce que veut le Hamas, c'est le départ des troupes israélienne de la bande de Gaza. Le cabinet israélien de sécurité devrait se réunir dans la soirée pour se prononcer, quoiqu'il en soit, pour un cessez-le-feu, a déclaré un responsable israélien. Et Ehud Olmert l'annoncera ensuite, avec la condition de la riposte à tout tir du Hamas, selon un responsable gouvernemental. Car Israël a prévenu : même s'il décrète une trêve unilatérale samedi soir, les forces israéliennes resteront positionnées dans le territoire palestinien pour une durée indéterminée et répliqueront en cas de nouveaux tirs de roquettes.
Et, nouvelle initiative, l'Egypte a invité des chefs d'Etat, en particulier d'Europe, et le président palestinien Mahmoud Abbas, à un sommet dimanche à Charm el-Cheikh sur Gaza. L'Elysée a annoncé samedi soir que Nicolas Sarkozy co-présidera dimanche ce sommet aux côtés d'Hosni Moubarak. Le président français se rendra ensuite à Jérusalem, afin d'y rencontrer le Premier ministre israélien. Actuellement en tournée au Proche-Orient, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon doit assister à ce sommet. L'Allemagne, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Turquie ainsi que la Jordanie, qui sera représentée par le roi Abdallah II, doivent y participer dans la cité balnéaire de la mer Rouge, a précisé la source diplomatique égyptienne. Le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, arrivé samedi soir au Caire, ne sera pas présent au sommet, mais s'entretiendra auparavant avec le président Hosni Moubarak. Seul hic : le Premier ministre israélien Ehud Olmert n'a pas été convié et le Hamas sera également absent.
L'Egypte sécurise sa frontière
Dans la dernière attaque en date menée par Israël samedi matin, deux enfants ont été tués dans le bombardement d'une école gérée par les Nations unies à Beit Lahiya, nord de la bande de Gaza, selon des sources médicales et des témoins. Des civils fuyant les zones de combats avaient trouvé réfuge dans l'établissement. 11 d'entre eux ont été blessés dans le bombardement qui a provoqué un incendie, selon les sources. D'intenses combats se déroulaient autour de l'école où les tanks de l'armée israélienne affrontaient des combattants palestiniens. Samedi soir, le gouvernement a annoncé qu'Israël allait autoriser dès dimanche les Palestiniens blessés durant les trois semaines d'offensive dans la bande de Gaza à être soignés sur son territoire.
Sur le volet politique et diplomatique, des assurances égyptiennes et américaines faites à Israël, notamment sur un arrêt de la contrebande d'armes vers Gaza, ont rapproché l'échéance d'un cessez-le-feu. Le Caire travaille à sécuriser sa frontière avec la bande de Gaza et "n'acceptera jamais" de présence étrangère sur son territoire, a déclaré samedi le président Hosni Moubarak. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a toutefois affirmé samedi que son pays ne se sentait pas lié par l'accord passé la veille entre les Etats-Unis et Israël pour empêcher la contrebande d'armes à la frontière de Gaza et estimé qu'Israël était le principal obstacle à un accord. Le président égyptien Hosni Moubarak a quant à lui appelé samedi Israël à cesser les combats "immédiatement" et "sans conditions", et à retirer ses troupes de la bande de Gaza.
Manifestaions en France
Le ministre de la Défense Ehud Barak a annoncé qu'Israël était très proche d'avoir atteint les objectifs de son offensive dans la bande de Gaza. En trois semaines d'offensive, plus de 1200 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 100 femmes, et plus de 5.285 blessés, selon les services d'urgence de Gaza. D'après le Centre palestinien des droits de l'Homme à Gaza, 65% des morts sont des civils. Côté israélien, 10 militaires et trois civils ont péri durant la même période. A New York, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté à une large majorité une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza menant au retrait total des forces israéliennes.
Des manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza, parfois émaillées d'incidents, ont eu lieu samedi dans plusieurs villes de France. A Paris, plusieurs milliers de personnes, 2.600 selon la police, ont défilé du Châtelet à Opéra à l'appel du Collectif pour une paix juste. Quelques incidents ont été signalés en fin de manifestation dans le quartier de l'Opéra. Un restaurant McDonald's a également eu sa vitrine endommagée rue de Rivoli. Un deuxième cortège a défilé de la République à la Nation à l'appel du Parti des musulmans de France. Des débordements ont également été signalés à Nice avec quelques actes de vandalisme qui ont visé des voitures et du mobilier urbain. A Lyon, 3.000 personnes selon la police ont formé une chaîne humaine Place Bellecour en entonnant des slogans hostiles à Israël.
(D'après agence)
Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien.
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