Nicolas Sarkozy à Ramallah le 5 janvier 2009 © DR 
Sarkozy appelle à une trêve humanitaire provisoire
Au 10e jour de la guerre, et au 3e jour de l'offensive terrestre à Gaza (cliquez ici pour lire notre article), les initiatives diplomatiques se sont multipliées ce lundi au Proche-Orient pour trouver une éventuelle trêve entre Israël et le Hamas.
Parmi elles, celle menée par Nicolas Sarkozy. Après une escale en Egypte et une rencontre à Ramallah avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, il a réclamé lundi à Israël la cessation des violences dans la bande de Gaza et l'instauration d'une trêve humanitaire provisoire. "Nous avons condamné sans ambiguïté l'offensive terrestre israélienne. (...) Les violences doivent cesser et l'acheminement de l'aide humanitaire doit être facilité", a déclaré le président français.
Le Hamas "a agi de façon irresponsable et impardonnable"
A son arrivée à Jérusalem dans la soirée, avant de se rendre mardi en Syrie et au Liban, juste avant de rencontrer le Premier ministre Ehud Olmert, Nicolas Sarkozy s'est dit "profondément inquiet" de la situation, réitérant son appel à "un cessez-le-feu humanitaire de quelques jours".
Mais le président français, qui a dit travailler avec l'Egypte à une initiative commune pour sortir de la crise provoquée par l'offensive israélienne et s'est érigé en porte-parole de l'UE, n'a pas non plus ménagé ses critiques contre le Hamas. "Le Hamas, en décidant de mettre fin à la trêve et en reprenant les tirs de roquettes sur des populations civiles d'Israël, a agi de façon irresponsable et impardonnable", a-t-il dit. "Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit", a-t-il martelé. "Il faut que les armes se taisent."
Abbas exclut son retour à Gaza à la faveur d'une déroute du Hamas
Nicolas Sarkozy se présente en ami à la fois d'Israël et des Palestiniens. Mais une des difficultés de l'exercice est que la France et l'Europe refusent d'engager un dialogue direct avec le Hamas, tant que celui-ci n'aura pas renoncé à la violence, reconnu l'Etat d'Israël et accepté les accords passés. En réponse aux déclarations du président français, le Hamas a accusé dans la soirée Nicolas Sarkozy de "partialité totale" en faveur d'Israël, pour avoir estimé que le mouvement agit de façon "irresponsable et impardonnable".
Le président palestinien Mahmoud Abbas a de son côté appelé à la fin "immédiate et sans condition" de l'offensive israélienne à Gaza, à l'issue de cette rencontre avec Nicolas Sarkozy, excluant un retour de son Autorité dans la bande de Gaza, à la faveur d'une éventuelle déroute face à Israël du Hamas, qui l'en a délogée. "Il est impensable que nous travaillions pour que le Hamas soit détruit afin de le remplacer. Nous n'accepterons pas que la patrie soit réunifiée par la force des armes", a-t-il déclaré.
Obama reste en retrait jusqu'au 20 janvier
A Washington, le président George W. Bush a maintenu son soutien au grand allié israélien en rejetant tout cessez-le-feu qui ne serait pas assorti de conditions garantissant la sécurité d'Israël. De son côté, le président élu américain Barack Obama, dont le silence était pour certains assourdissant (voir la vidéo), s'est dit lundi profondément préoccupé par la crise à Gaza tout en soulignant qu'il ne voulait pas intervenir dans "des négociations délicates" menées par l'administration sortante. "A propos de la situation à Gaza, je suis tenu au courant tous les jours", a-t-il indiqué à des journalistes. Mais il a ajouté : "je continue d'insister sur le fait qu'en matière d'affaires étrangères, il est très important d'adhérer au principe d'une unicité de la présidence. En particulier parce que de délicates négociations se déroulent en ce moment et nous ne pouvons nous permettre d'avoir deux voix s'exprimant au nom des Etats-Unis, lorsque tant est en jeu".
Dans la matinée de lundi, c'était une troïka européenne, composée des ministres tchèque (le pays exerce actuellement la présidence de l'UE), français et suédois des Affaires étrangères, qui s'est entretenue avec le président égyptien Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh. Selon Le Caire, les discussions "se sont concentrées sur la situation à Gaza et les moyens de parvenir à un cessez-le-feu immédiat, à une réouverture des points de passage et un retour à la trêve" -il s'agit des principaux points du plan de paix proposé par Le Caire. Autre sujet abordé : comment amener le Conseil de sécurité de l'Onu à adopter une résolution appelant à un arrêt des hostilités -en raison de l'intransigeance des Etats-Unis, aucun accord n'a pu être trouvé samedi soir. Une nouvelle proposition arabe devrait être présentée sous peu.
Un plan de sortie de crise en 4 points
"Notre mission vise essentiellement à diminuer les souffrances palestiniennes et à fournir de l'aide humanitaire à la population de Gaza, ce qui nécessite des visites diplomatiques dans la région", explique Karel Schwarzenberg, le chef de la diplomatie tchèque. Après l'Egypte, cette troïka européenne s'est rendue à Jérusalem. Sans surprise, elle a reçu une réponse négative de Tzipi Lvini, la ministre des Affaires étrangères, qui a rejeté tout projet de cessez-le-feu. "Nous combattons le terrorisme et nous ne passerons pas d'accord avec le terrorisme" a affirmé celle qui dirige la liste de Kadima pour les législatives du 10 février. Après Jérusalem, la troïka était attendue à Ramallah et Amman.
Les principales tractations devraient également se poursuivre en Egypte où une délégation du Hamas devait arriver au Caire lundi soir. Sa direction s'est dite auparavant ouverte aux initiatives internationales pour aboutir à une trêve à Gaza, mais a souligné qu'elles devaient prévoir nécessairement la levée du blocus israélien du territoire.
L'Egypte, qui s'estime un médiateur incontournable en dépit des critiques virulentes des radicaux de la région, Syrie et Iran inclus, veut absolument trouver un plan de sortie de crise en quatre points. Il prévoit un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve, l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour s'assurer de l'application du nouvel accord.
Ban Ki-moon a évoqué lundi, devant le personnel de l'Onu, une situation qui "s'est fortement aggravée" au cours des dernières 48 heures dans la bande de Gaza, a déclaré la porte-parole des Nations unies Michele Montas. Le secrétaire général de l'Onu a également pressé Israël d'autoriser une aide humanitaire suffisante dans le territoire. "Il n'y a eu aucun engagement de la part des parties israéliennes de mettre fin au conflit en dépit de l'insistance du secrétaire général", a ajouté Michele Montas.
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