© AFPLa trêve unilatérale aboutira-t-elle dans les faits ? Certes c'est la fin de l'opération "Plomb durci", mais le cessez-le-feu apparaît plus que fragile et le sommet international de dimanche ne sera certainement pas de trop. 22 jours après le début de l'offensive meurtrière contre le Hamas, Israël a "atteint tous ses objectifs à Gaza" et "même au-delà", selon les termes du Premier ministre israélien. Ehud Olmert a donc annoncé samedi soir une trêve unilatérale dans la Bande de Gaza qui devait débuter quelques heures après, à minuit GMT (1h du matin en France).
De quoi priver le Hamas d'un éventuel bénéfice politique qu'il aurait pu tirer d'un accord en bonne et due forme dans le cadre de la médiation égyptienne et pousser le Hamas à la faute. Car le Hamas avait prévenu dès samedi matin : la "confrontation" se poursuivra, en clair il ne respectera pas de cessez-le-feu, si Tsahal reste postée dans la bande de Gaza. Et l'a redit plus fermement encore après le discours d'Ehud Olmert : le Hamas n'acceptera pas la présence d'un "seul soldat" israélien à Gaza et ce cessez-le-feu "ne met pas un terme à la résistance du Hamas". Or Ehud Olmert a de son côté prévenu : Israël "reste à ce stade stationnée à Gaza et autour" et "ripostera à des tirs du Hamas". Il a ajouté que le Hamas, qui s'est engagé à poursuivre la lutte, serait surpris s'il continuait les combats.
La décision d'Israël " est un premier pas et devrait être suivie par un accord de paix" formel et un retrait complet des troupes, a de son côté affirmé un porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
Sommet dimanche sans Israël et le Hamas
C'est pour cela en tous cas que la scène internationale reste mobilisée. L'Egypte a invité des chefs d'Etat, en particulier d'Europe, et le président palestinien Mahmoud Abbas, à un sommet dimanche à Charm el-Cheikh sur Gaza. L'Elysée a annoncé samedi soir que Nicolas Sarkozy co-présidera dimanche ce sommet aux côtés d'Hosni Moubarak. Le président français se rendra ensuite à Jérusalem, afin d'y rencontrer le Premier ministre israélien.
Actuellement en tournée au Proche-Orient, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon doit assister à ce sommet. L'Allemagne, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Turquie ainsi que la Jordanie, qui sera représentée par le roi Abdallah II, doivent y participer dans la cité balnéaire de la mer Rouge, a précisé la source diplomatique égyptienne. Le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, arrivé samedi soir au Caire, ne sera pas présent au sommet, mais s'entretiendra auparavant avec le président Hosni Moubarak. Seuls absents donc : Israël et le Hamas.
L'Egypte sécurise sa frontière
Dans la dernière attaque en date menée par Israël samedi matin, deux enfants ont été tués dans le bombardement d'une école gérée par les Nations unies à Beit Lahiya, nord de la bande de Gaza, selon des sources médicales et des témoins. Des civils fuyant les zones de combats avaient trouvé réfuge dans l'établissement. 11 d'entre eux ont été blessés dans le bombardement qui a provoqué un incendie, selon les sources. D'intenses combats se déroulaient autour de l'école où les tanks de l'armée israélienne affrontaient des combattants palestiniens. Samedi soir, le gouvernement a annoncé qu'Israël allait autoriser dès dimanche les Palestiniens blessés durant les trois semaines d'offensive dans la bande de Gaza à être soignés sur son territoire.
Sur le volet politique et diplomatique, des assurances égyptiennes et américaines faites à Israël, notamment sur un arrêt de la contrebande d'armes vers Gaza, ont rapproché l'échéance d'un cessez-le-feu. Le Caire travaille à sécuriser sa frontière avec la bande de Gaza et "n'acceptera jamais" de présence étrangère sur son territoire, a déclaré samedi le président Hosni Moubarak. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a toutefois affirmé samedi que son pays ne se sentait pas lié par l'accord passé la veille entre les Etats-Unis et Israël pour empêcher la contrebande d'armes à la frontière de Gaza et estimé qu'Israël était le principal obstacle à un accord. Le président égyptien Hosni Moubarak a quant à lui appelé samedi Israël à cesser les combats "immédiatement" et "sans conditions", et à retirer ses troupes de la bande de Gaza.
Manifestaions en France
En trois semaines d'offensive, plus de 1200 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 100 femmes, et plus de 5.285 blessés, selon les services d'urgence de Gaza. D'après le Centre palestinien des droits de l'Homme à Gaza, 65% des morts sont des civils. Côté israélien, 10 militaires et trois civils ont péri durant la même période. A New York, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté à une large majorité une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza menant au retrait total des forces israéliennes.
Des manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza, parfois émaillées d'incidents, ont eu lieu samedi dans plusieurs villes de France. A Paris, plusieurs milliers de personnes, 2.600 selon la police, ont défilé du Châtelet à Opéra à l'appel du Collectif pour une paix juste. Quelques incidents ont été signalés en fin de manifestation dans le quartier de l'Opéra. Un restaurant McDonald's a également eu sa vitrine endommagée rue de Rivoli. Un deuxième cortège a défilé de la République à la Nation à l'appel du Parti des musulmans de France. Des débordements ont également été signalés à Nice avec quelques actes de vandalisme qui ont visé des voitures et du mobilier urbain. A Lyon, 3.000 personnes selon la police ont formé une chaîne humaine Place Bellecour en entonnant des slogans hostiles à Israël.
(D'après agence)
Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien.
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