Israël d'accord "sur le principe" du plan mais...

le 07 janvier 2009 à 13h38 , mis à jour le 07 janvier 2009 à 22h51

L'Etat hébreu a décidé d'envoyer au Caire un haut responsable pour parler d'une trêve. La réponse du Hamas, qui examine aussi la proposition, est attendue sous peu.

ehud olmert israël demissionEhud Olmert © LCI/TF1

"Il y a un accord global sur le principe d'une solution", a affirmé mercredi soir le porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert. La proposition de cessez-le-feu à Gaza établie mardi soir par l'Egypte, avec la participation active de la France, semble être sur de bons rails. Après avoir dans un premier temps accepté l'ouverture d'un "couloir humanitaire" et stoppé ses bombardements trois heures par jour sur Gaza-ville pour permettre l'acheminement de l'aide (cliquez ici pour lire notre article), Israël a en effet fait savoir qu'il était favorable à l'initiative de l'Egypte et qu'il envoyait un responsable du ministère de la Défense au Caire pour en discuter.
 
Un haut responsable israélien a toutefois nuancé : "Il y a accord sur les principes mais traduire ces principes en action concrète est un défi qu'il nous faut encore relever", a-t-il dit. Les négociations portent sur l'envoi dans "le couloir de Philadelphie", qui relie l'Egypte à Gaza, d'une force spéciale pour trouver et détruire des tunnels de contrebande d'armes, selon des diplomates occidentaux et israéliens. Il est aussi question de l'envoi d'une force navale pour empêcher le trafic d'armes par la mer.

Paris multiplie les contacts

Pourtant dans le même temps, un haut responsable de la Défense a indiqué mercredi soir que le cabinet de sécurité israélien venait d'approuver une extension de son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza. Cette 3e phase "élargira l'offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées", a déclaré le responsable qui a souligné qu'il reviendrait aux responsables de la Défense d'appliquer ou non la décision du cabinet de sécurité. Et en attendant, l'armée israélienne a largué mercredi soir des tracts sur Rafah (sud de la bande de Gaza) sommant les habitants des zones frontalières de l'Egypte de quitter les lieux en raison de bombardements imminents contre des tunnels de contrebande, ont annoncé des témoins.

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, qui s'était félicité dès la mi journée que l'Etat hébreu ait accueilli favorablement l'idée d'un cessez-le-feu, a mené mercredi après-midi une série d'entretiens sur la mise en oeuvre de ce  plan franco-égyptien pour Gaza, notamment les modalités d'un cessez-le-feu, a annoncé l'Elysée.

La Maison Blanche ouverte au plan, veut en savoir plus
 
Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a également accueilli favorablemnet le plan franco-égyptien. Reste maintenant à connaître la position du Hamas. Le mouvement islamiste, dont une délégation est actuellement au Caire, a indiqué qu'il examinait également le document égyptien. Il devrait donner sa réponse dans les heures qui viennent.

Et voici un soutien qui pourrait être de taille au plan franco-egyptien : celui des Etats-Unis, alliés traditionnels d'Israël. La Maison Blanche a dit mercredi y être ouverte tout en indiquant vouloir connaître davantage de détails. A son tour, Condoleezza Rice a exhorté mercredi Israël à se pencher sérieusement sur la proposition de cessez-le-feu égyptienne alors que le Conseil de sécurité de l'Onu examine les moyens de mettre un coup d'arrêt à l'offensive militaire de Tsahal dans la bande de Gaza. Barack Obama s'est engagé mercredi à s'occuper de la question proche-orientale immédiatement après sa prise de fonctions, le 20 janvier.
 
Le plan du président égyptien Hosni Moubarak et de Nicolas Sarkozy, basé sur trois points, prévoit notamment "un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée" permettant l'établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l'Egypte d'oeuvrer pour un cessez-le-feu "global et définitif". Il appelle également à une réunion d'urgence en Egypte avec Israéliens et Palestiniens, en présence de représentants de l'Union européenne et d'"autres parties", pour parvenir à "des engagements et des garanties". Ces garanties devraient inclure "la sécurisation des frontières", ce qu'exige Israël, "l'ouverture des points de passage frontaliers et la levée du siège" de la bande de Gaza, comme le réclament les Palestiniens. Il invite enfin les factions palestiniennes rivales, notamment le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et le Hamas, à reprendre leurs pourparlers de réconciliation.

Un cardinal du Vatican compare Gaza
à un "camp de concentration"

Israël a dénoncé mercredi les propos d'un responsable du Vatican comparant Gaza à un "grand camp de concentration" l'accusant d'employer des termes "tirés de la propagande du Hamas". Le cardinal Renato Martino, président du Conseil du Vatican pour la justice et la paix, a affirmé mercredi : "les populations sans défense sont toujours celles qui endurent le plus", au site du journal italien Il Sussidiario.net. "Regardez la situation à Gaza : cela ressemble de plus en plus à un immense camp de concentration".

 
 
Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien à compter de ce mercredi.
le 07 janvier 2009 à 13:38
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