Le Conseil de sécurité échoue à parler d'une seule voix

le 04 janvier 2009 à 12h15 , mis à jour le 04 janvier 2009 à 17h22

Les Etats-Unis, disposant d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, se sont opposés à la proposition libyenne de texte appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza.

Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France, au Conseil de sécurité (4 janvier 2008)Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France, au Conseil de sécurité (4 janvier 2008) © TF1/LCI

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Samedi peu après 19 heures, heure française, à la faveur de l'obscurité, l'armée israélienne lançait une vaste opération terrestre dans la bande de Gaza, une semaine jour pour jour après le déclenchement de raids aériens massifs contre le Hamas. Quelques heures plus tard, à New York, le Conseil de sécurité de l'Onu entamait en urgence, à la demande de la Libye, son seul membre arabe, sa troisième réunion sur le conflit à Gaza depuis le début de l'opération "Plomb durci". Mais alors que la première avait débouché sur une déclaration non contraignante appelant à la fin immédiate de toutes les activités militaires, les membres du Conseil ont dû se séparer cette fois au bout de quatre heures sans parvenir à un accord sur un texte appelant à un arrêt des hostilités. Tout au plus, avant la séance du Conseil, le secrétaire général Ban Ki-moon avait-il demandé "la fin immédiate" de l'offensive terrestre israélienne.

Cet échec à arrêter une position commune a été rapporté par un président du Conseil - en l'occurrence l'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert - contenant visiblement son irritation et rappelant l'urgence "d'arrêter la guerre". Malgré l'absence d'accord formel, a-t-il souligné, "il y a eu de très sérieuses convergences de vues pour exprimer notre très sérieuse préoccupation face à l'escalade de la violence et à la détérioration de la situation" et "pour appeler à un cessez-le-feu immédiat, permanent et respecté", ainsi que sur la nécessité de "protéger la population civile" de Gaza et de "permettre et faciliter la fourniture d'assistance humanitaire".

Les causes du blocage

Mais l'échec était inévitable : d'emblée, les Etats-Unis, qui disposent d'un droit de veto, avaient fait savoir qu'ils ne souhaitaient pas voir cette réunion déboucher sur un "produit", à savoir une résolution ou une déclaration formelle. Ils se sont donc opposés à la tentative de la Libye de persuader le Conseil d'appeler à un cessez-le-feu immédiat. Pour le représentant américain, Alejandro Wolff, il est inutile de formuler des déclarations que le Hamas, qui a décidé unilatéralement le mois dernier de mettre fin à une trêve de six mois, ne ferait qu'ignorer. Les efforts des Etats-Unis, a-t-il expliqué, "visent à établir un cessez-le-feu durable, fiable, qui soit respecté par tous et cela implique la fin des tirs de roquettes, la fin des trafics d'armes et le début d'une réouverture des points de passage aux termes de l'accord de 2005".  

Faute d'un texte de l'Onu, les seules initiatives pour tenter de faire cesser les combats sont donc ponctuelles. L'UE a ainsi maintenu sa mission de bons offices dans la région malgré le déclenchement de l'offensive terrestre. Le président français, Nicolas Sarkozy, qui avait reçu jeudi à l'Elysée la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, se rendra pour sa part lundi en Egypte, en Cisjordanie et en Israël, et mardi en Syrie et au Liban. La Russie a également annoncé qu'elle envoyait un émissaire dans la région. Par ailleurs, les appels à un cessez-le-feu se multiplient, de Berlin au Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana. De son côté, la présidence tchèque de l'UE a fait machine arrière après avoir parlé d'une action "plus défensive qu'offensive". "Même le droit indéniable d'un Etat à se défendre lui-même n'autorise pas des actions qui affectent massivement les civils", a déclaré la présidence tchèque.

Manifestation à Paris en soutien à Israël

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche en début d'après-midi avenue Matignon à Paris pour soutenir "l'action d'auto-défense d'Israël" et célébrer "la mémoire des victimes israéliennes du Hamas". L'organisateur de ce rassemblement, le Conseil représentatif des institutions juives de France, avait appelé initialement à manifester devant l'ambassade d'Israël, rue Rabelais, mais faute d'autorisation, le rassemblement qui a duré une heure, s'est déroulé dans une rue voisine. Selon le Crif, 12.000 personnes ont participé à ce rassemblement. Parmi les personnalités présentes, le chanteur Enrico Macias, le député-maire UMP du XVIe arrondissement, Claude Goasguen, et Serge Klarsfeld, fondateur de l'association des fils et filles des déportés juifs de France. Samedi après-midi, une manifestation contre l'offensive israélienne à Gaza avait réuni à Paris entre 21.000 et 25.000 personnes.

D'après agence

le 04 janvier 2009 à 12:15
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