Le Hamas propose une trêve d'un an sous conditions

le 15 janvier 2009 à 19h48 , mis à jour le 15 janvier 2009 à 23h59

Le mouvement islamiste exige qu'Israël retire ses troupes d'ici à 7 jours et que tous les points de passage vers Gaza soient immédiatement ouverts.

gaza israël hamasLa bande de Gaza bombardée le 14 janvier 2009. © TF1/LCI

 
Les blessés affluent en Egypte

Le Hamas a fait savoir jeudi soir à l'Egypte qu'il accepterait un cessez-le-feu d'un an renouvelable dans la bande de Gaza si Israël retire ses forces dans un délai d'une semaine et rouvre immédiatement les points de passage vers le territoire, ont indiqué des sources diplomatiques et l'entourage du mouvement islamiste. Le Hamas exige en outre que l'ouverture de tous les points de passage vers la bande de Gaza soit garantie par l'Egypte et la communauté internationale. Le mouvement islamiste a aussi précisé qu'il n'était pas opposé au déploiement d'observateurs turcs mais il refuse la présence au point de passage de Rafah, entre l'Egypte et Gaza, de la garde présidentielle palestinienne de Mahmoud Abbas. Le Hamas veut également que l'accord de cessez-le-feu prévoie une conférence sur la reconstruction dans la bande de Gaza.

L'Egypte a présenté ces propositions aux Israéliens afin qu'ils les examinent. Un négociateur israélien a effectué un aller-retour express ce jeudi en Egypte. Mais le gouvernement israélien, dans un communiqué publié jeudi soir, n'a pas répondu aux propositions du Hamas mais annoncé que la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni allait se rendre à Washington vendredi. Cette visite de Livni aux Etats-Unis vise à mettre la dernière main à un accord pour empêcher le Hamas de se réarmer, l'un des principales conditions posées par les Israéliens à une trêve. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a confirmé jeudi "travailler" à un accord avec Israël et des partenaires régionaux pour faciliter un cessez-le-feu, sans préciser le contenu de cet accord. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pour sa part déclaré jeudi qu'il faudrait peut-être "quelques jours encore" pour peaufiner les modalités techniques d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, mais a exhorté Israël et le Hamas a arrêter immédiatement les combats.

Un hôpital et l'Onu bombardés

Sur le terrain, les combats se poursuivaient ce jeudi avec intensité dans la bande de Gaza, au 20e jour de l'offensive israélienne. Le dernier bilan fourni par les services d'urgence palestiniens faisait état de 1.038 Palestiens tués depuis le 27 décembre, tandis que dix militaires et trois civils israéliens sont décédés. L'hôpital Al Qods de Gaza s'est totalement embrasé après un nouveau bombardement jeudi et a dû être abandonné par les médecins et les patients, selon un médecin français Régis Garrigue, présent sur place. Il a raconté à son organisation à Paris, Helpdoctors, que tous les patients étaient désormais dans la rue, en route vers un autre hôpital, a déclaré à Reuters Patrick Pelloux, médecin avec qui il correspond à Paris.

Outre l'accusation par le président de l'Assemblée générale de l'Onu, Miguel d'Escoto, qu'Israël viole le droit international, une nouvelle polémique a également éclaté. L'UNRWA, l'agence des Nations unies d'aide aux réfugiés palestiniens, a en effet annoncé la nouvelle suspension de ses opérations après la chute d'obus israéliens sur son complexe. Ce bombardement a fait trois blessés parmi les employés et des "centaines de tonnes" d'aide humanitaire ont été dévorées par les flammes. Le 8 janvier, l'UNRWA avait déjà stoppé ses activités après que l'un de ses convois eut été touché par des tirs de Tsahal. 

Ce bombardement est intervenu alors que Ban Ki-moon se trouvait à Jérusalem. Le secrétaire général de l'Onu s'est dit "scandalisé". Lors d'un entretien avec Tzipi Lvini, la ministre israélienne des Affaires étrangères, il a aussi affirmé que "le nombre de victimes avait atteint un stade insupportable".  L'UE a aussi condamné ce bombardement. Mais le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé que ses troupes n'avaient fait que répliquer à des tirs en provenance de ce complexe. "Mais les conséquences sont très tristes et je m'en excuse", a-t-il ajouté.

Un chef du Hamas tué 

Ce jeudi, un incendie s'est également déclenché dans un hôpital de Gaza, après avoir été touché par des tirs israéliens. Deux cameramen palestiniens ont été blessés dans une attaque contre un immeuble abritant les bureaux de plusieurs médias arabes et internationaux. Tsahal a par ailleurs tué l'un des principaux chefs du Hamas, Saïd Siam, sorte de "ministre de l'Intérieur" du mouvement islamiste à Gaza. Un responsable du Hamas a juré de venger sa mort. Enfin, quelques roquettes du Hamas se sont abattues sur Sderot. L'une d'elles a grièvement blessé un civil.

Un bateau d'aide refoulé


La marine israélienne a refoulé un navire battant pavillon grec transportant de l'aide humanitaire. Le bateau, à bord duquel se trouvaient 21 personnes, a été intercepté à une centaine de milles nautiques au nord-est de Gaza.

D'après agence

Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien. 

le 15 janvier 2009 à 19:48
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