Violents combats dans Gaza-ville

le 11 janvier 2009 à 07h25 , mis à jour le 11 janvier 2009 à 23h14

Des blindés ont avancé dimanche de plusieurs centaines de mètres dans la périphérie sud de Gaza-ville. La journée a aussi été marquée par des incidents isolés près de la Syrie et de l'Egypte.

char israélien israël gazaUn char israélien dans la bande de Gaza © TF1/LCI

Israël a pour la première fois envisagé dimanche une fin proche de son offensive à Gaza où seize jours d'attaques ont fait au moins 889 morts, selon les services médicaux palestiniens, mais n'ont pas mis fin aux tirs de roquettes palestiniennes. Tôt dans la journée, des blindés ont avancé de plusieurs centaines de mètres dans deux quartiers de la périphérie sud de Gaza-ville, Tal al-Hawa et Cheikh Ajline, provoquant la fuite de dizaines de familles. Plus de 30 personnes, dont plus de dix activistes mais aussi plusieurs civils, ont été tuées par des tirs israéliens, selon des sources médicales palestiniennes. Sept Palestiniens sont morts dans des attaques dans l'après-midi, l'un à Rafah et six à Jabaliya dans le nord où d'intenses bombardements étaient signalés. L'armée israélienne a largué des tracts à Rafah, appelant la population à évacuer plusieurs quartiers en prévision de nouvelles attaques contre des tunnels de contrebande sous la frontière avec l'Egypte.

Plus d'infos

Dans ce qui semble un incident isolé, un groupe de soldats israéliens et de civils a essuyé sur le plateau du Golan occupé des tirs d'armes légères en provenance de Syrie, qui n'ont pas fait de victimes, selon une source militaire israélienne. Deux policiers égyptiens ont également été blessés non loin de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, par des éclats de missile lors de frappes aériennes israéliennes, selon un responsable des services de sécurité égyptiens.

"Une occasion unique de régler le problème du Hamas"

Le général en charge de l'opération "Plomb durci" a demandé au gouvernement israélien l'extension de l'offensive, c'est à dire l'engagement effectif de dizaines de  milliers de réservistes rappelés depuis une dizaine de jours sous les drapeaux. "Nous avons une occasion unique de régler le problème que pose le Hamas. Si nous ne le faisons pas nous allons rater une occasion historique", explique le général dans le quotidien Yediot  Aharonot. Il préconise la réoccupation provisoire de secteurs entiers de la bande de Gaza, principalement la bande frontalière avec l'Egypte d'où des armes passent en contrebande par des tunnels. Mais une éventuelle extension n'est pas forcément synonyme d'enlisement : le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré que l'offensive "se rapprochait de ses objectifs" et qu'elle allait se poursuivre. Des déclarations complétées par le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï, qui a estimé qu'Israël était "proche de l'arrêt des actions terrestres et de l'ensemble des opérations d'une manière générale, puisque la décision du Conseil de sécurité (appelant à un cessez-le-feu) ne nous  donne plus tellement de marge de manoeuvre".
 
Selon Tsahal, le Hamas "a subi un coup sévère" depuis le début des opérations, ses capacités militaires ayant été diminuées : 550 combattants palestiniens auraient été tués, 250 durant la phase des raids aériens et 300 lors de  l'offensive terrestre. Mais lors d'un discours à la télévision publique  syrienne, le chef du Hamas en exil à Damas a affirmé que l'armée israélienne n'avait  "atteint aucun de ses objectifs". "Nous n'acceptons pas de négocier d'une trêve sous le feu dirigé contre nous", a-t-il ajouté, en réclamant "en premier la fin immédiate de l'agression, puis le retrait immédiat des forces ennemies de Gaza et ensuite la levée du siège de Gaza". Sur le front humanitaire, un million de personnes vivent sans électricité dans ce territoire pauvre et surpeuplé, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours, selon l'ONU.

Israël opposé à un déploiement international

Entre-temps, les efforts diplomatiques se poursuivent : au Caire, où se trouvait le président palestinien Mahmoud Abbas, une  délégation du Hamas devait poursuivre ses discussions sur l'initiative du président Hosni Moubarak, qui a proposé un plan prévoyant "un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée", permettant l'établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l'Egypte d'oeuvrer pour un cessez-le-feu "global et  définitif".

Mahmoud Abbas, qui n'exerce aucun contrôle à Gaza d'où il a été délogé par le Hamas en 2007, a exhorté le mouvement islamiste à accepter le plan égyptien et appelé au déploiement d'une force internationale à Gaza chargée de protéger les civils, ce que le Hamas rejette. Israël, par la voix d'un haut responsable israélien du ministère de  la Défense, a de son côté jugé qu'une force internationale serait incapable d'empêcher la contrebande d'armes entre l'Egypte et la bande de Gaza. "Personne ne demande le déploiement d'une telle force internationale. L'Egypte considère un tel déploiement de son côté  de la frontière comme une atteinte à sa souveraineté". Il a estimé en revanche possible de convaincre l'Egypte, qui "dispose des  forces armées et de sécurité efficaces" de mettre fin à la contrebande à condition "d'éviter des polémiques publiques" avec le Caire.

Nouvelles manifestations à travers l'Europe

Plusieurs manifestations de soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza ont été organisées dimanche en Europe, notamment à Madrid et Bruxelles, alors que d'autres rassemblements de soutien à Israël avaient lieu à Londres, Prague, Berlin, Munich ou Francfort. En France, 4000 personnes, selon la police, 20.000 selon les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Marseille leur soutien à Israël. A Madrid, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme en milieu de journée pour dénoncer le "génocide" en cours, selon eux, dans la bande de Gaza. A Londres, de 4000 (selon la police) à 20.000 personnes (selon les organisateurs) se sont réunies à l'appel d'organisations juives, pour dénoncer le Hamas, exprimer leur solidarité avec Israël et leur souhait d'une paix durable. En Allemagne, plus de 2000 personnes, selon la police, ont manifesté dans plusieurs villes du pays, notamment à Munich où quelque 1500 personnes se sont rassemblées à l'appel du Conseil central des juifs d'Allemagne.


D'après agence

Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien. 

(D'après agence)

le 11 janvier 2009 à 07:25
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience