Barack Obama, le 22 janvier 2009 © TF1/LCILors de l'offensive israélienne à Gaza, Barack Obama s'était retranché derrière la période de transition pour éviter d'intervenir dans le conflit. Cette attitude lui avait été vivement reprochée. Il avait alors promis qu'il prendrait des initiatives fortes dès son entrée en fonctions. Au 3e jour de son mandat, il a tenu sa promesse.
Et comme pour la fermeture de Guantanamo ou l'abandon de la torture, il s'agit d'une rupture avec l'ère Bush. Alors que son prédécesseur s'était quasiment désintéressé du sujet en refusant de s'impliquer dans le processus de paix jusqu'à fin 2007 et en laissant Israël et les Palestiniens discuter entre eux, le nouveau locataire de la Maison-Blanche a en effet promis que les Etats-Unis participeront directement aux négociations. "La politique de mon administration sera d'œuvrer, activement et avec pugnacité, à une paix durable entre Israël et les Palestiniens, ainsi qu'entre Israël et ses voisins arabes. L'Histoire montre qu'un engagement robuste et continu des Etats-Unis peut réduire les clivages et créer les capacités qui permettent des progrès", a expliqué le président américain lors d'une allocution au département d'Etat. Ce déplacement au siège des Affaires étrangères n'est pas anodin : Barack Obama souligne ainsi l'importance qu'il accorde à la diplomatie dans sa politique.
Premier acte de cette nouvelle volonté : la nomination de George Mitchell comme émissaire spécial des Etats-Unis pour la paix au Proche-Orient. Agé de 75 ans, considéré comme l'un des artisans de la paix en Irlande du Nord, George Mitchell, très respecté, ira "dans la région dès que possible pour aider les parties en présence à garantir que le cessez-le-feu qui a été obtenu, devienne durable et viable".
Pas de changement sur le fond
Si le style et la forme sont donc nouveaux, en revanche, sur le fond, Barack Obama n'a pas rompu avec la politique de son prédécesseur, allié privilégié d'Israël -comme tous les présidents américains avant lui d'ailleurs. Il estime ainsi que l'offensive d'Israël était justifiée par les tirs de roquettes du Hamas sur le sud de l'Etat hébreu. "Soyons clairs : l'Amérique est résolue à défendre la sécurité d'Israël et nous soutiendrons toujours le droit d'Israël à se défendre contre des menaces légitimes. Pendant des années, le Hamas a lancé des milliers de roquettes sur d'innocents Israéliens. Aucune démocratie ne peut tolérer un tel danger pour sa population, pas plus que la communauté internationale, et les Palestiniens ne devraient pas le tolérer non plus, car leurs intérêts ne font que pâtir des actes de terrorisme", affirme-t-il. Autrement dit, un cessez-le-feu durable est lié à l'arrêt des tirs de roquettes.
Néanmoins, Barack Obama a également fait un pas dans la direction des Palestiniens. "Si les tirs de roquettes sur les Israéliens sont intolérables, c'est également le cas d'un avenir sans espoir pour les Palestiniens. Maintenant, nous devons tendre la main à ceux qui souhaitent la paix", note-t-il. Et demande à Israël une mesure forte, demandée par les Palestiniens et la communauté internationale : l'ouverture des points de passage vers Gaza et la levée du blocus pour permettre l'entrée de l'aide internationale, "avec les observateurs appropriés et la participation de l'Autorité palestinienne et de la communauté internationale".
Pour le Hamas, Obama=Bush |
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