Premières élections depuis 2005 sous haute surveillance

le 31 janvier 2009 à 10h25 , mis à jour le 31 janvier 2009 à 22h10

Quinze millions d'Irakiens ont voté samedi, sous haute surveillance de la police et de l'armée, pour les élections provinciales.

Elections provinciales IrakLes élections provinciales irakiennes ont débuté le 31 janvier 2009 à 5 heures. © TF1/LCI

De Mossoul, le "dernier bastion urbain d'Al-Qaïda" dans le nord de l'Irak, à Fao, à l'extrême-sud, sur les bords du Golfe, en passant par la ville sunnite de Ramadi, aux portes du désert, et à Bagdad, 15 millions d'électeurs étaient appelés à élire leurs Conseils provinciaux dans les 6.500 bureaux de vote, qui ont ouvert à 5 heures et qui ont fermé à 16 heures. En 2005, lors des dernières élections, les sunnites avaient très largement boudé le scrutin.

Ces élections doivent marquer le retour en force de cette communauté. Ce scrutin provincial a valeur de test pour la stabilité du pays et la popularité du Premier ministre Nouri al-Maliki, dont la liste "Coalition pour l'Etat de droit" est donnée favorite. Nouri al-Maliki entend en effet transformer ce scrutin en plébiscite, alors que ses adversaires kurdes et chiites l'accusent d'accaparer le pouvoir. Lors de ce scrutin proportionnel à un tour, les électeurs départageront 14.431 candidats concourant pour 440 sièges dans les conseils provinciaux, qui nomment le gouverneur et financent la reconstruction.

Le président américain Barack Obama a pour sa part qualifié le scrutin de "pas important en avant" qui devrait "faire avancer le processus permettant aux Irakiens de prendre en main leur avenir".

Quatre grenades tirées à Tikrit
 
Dans tout le pays, près d'un million de soldats et policiers irakiens étaient en état d'alerte et des mesures de sécurité draconiennes ont été prises pour éviter des attentats suicide de la part d'insurgés extrémistes opposés aux élections. Les autorités ont imposé un couvre-feu nocturne, la fermeture des aéroports et des frontières provinciales et internationales jusqu'à dimanche matin, l'interdiction du port d'arme, même pour les civils autorisés. Aucun véhicule, hormis ceux dotés d'une autorisation spéciale, ne peut circuler.

Ces mesures ont été renforcées après l'assassinat jeudi de trois candidats et deux membres de la commission électorale. Samedi matin, quatre grenades assourdissantes ont explosé près de bureaux de vote à Tikrit, l'ancien bastion du dictateur Saddam Hussein, à 180 km au nord de Bagdad. Dans l'après-midi, cinq policiers et un civil ont été blessés par une bombe artisanale dans la rue principale de Tuz Khurmatu, à 180 km au nord de Bagdad.

Dans les 14 provinces concernées, sur 18 au total, la protection des bureaux de vote s'est faite sans l'appui des Américains. Lors des scrutins de 2005, ces derniers avaient été obligés d'épauler les forces irakiennes en pleine restructuration.

(D'après agence)

le 31 janvier 2009 à 10:25
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