Nicolas Sarkozy, le 20 novembre 2008. © TF1/LCIAvant même son arrivée au Proche-Orient, où il est attendu lundi pour une visite de deux jours, Nicolas Sarkozy s'exprime dans la presse libanaise. Dans cet entretien, le chef de l'Etat français affirme que le Hamas "porte une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza". "Le lancement de l'offensive terrestre israélienne rend la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu plus urgente encore", affirme le président de la République à An Nahar, As Safir et L'Orient le Jour, dans leur édition de lundi et dont une copie a été transmise dimanche aux agences de presse par l'Elysée.
"Cette offensive, nous l'avons condamnée avec nos partenaires européens parce qu'elle éloigne encore un peu plus les chances de la paix, et parce qu'elle rend plus difficile l'acheminement de l'aide aux populations de Gaza. Je redirai d'ailleurs aux autorités israéliennes qu'il est absolument essentiel qu'elles laissent passer l'aide humanitaire à Gaza", affirme le président, avant sa tournée éclair au Proche-Orient, qui doit le conduire en Egypte, en Cisjordanie, en Israël, en Syrie et au Liban. "Mais je veux redire ici que nous condamnons avec la même fermeté la poursuite des tirs de roquettes qui sont une provocation inadmissible. Le Hamas, qui a décidé la rupture de la trêve et la reprise des tirs de roquettes sur Israël, porte une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza", ajoute-t-il.
"L'urgence, c'est de faire cesser les violences"
Samedi soir, dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères avait condamné "l'offensive terrestre israélienne contre Gaza comme (...) la poursuite des tirs de roquettes" du Hamas sur le territoire israélien. Selon Nicolas Sarkozy, "aujourd'hui, l'urgence, c'est de faire cesser les violences. Il faut trouver le moyen de parvenir le plus rapidement possible à un cessez-le-feu et permettre la reprise du processus de paix. C'est pour cela que je suis ici aujourd'hui, pour aider à trouver une solution". "Et c'est dans cet esprit que je rencontrerai, outre le Président [palestinien Mahmoud] Abbas et le Premier ministre [israélien Ehud] Olmert, le Président [égyptien Hosni] Moubarak et le Président [syrien Bachar al-] Assad, parce qu'ils peuvent jouer un rôle déterminant pour mettre fin à cette escalade", affirme-t-il également.
"La France, parce qu'elle a su construire un lien de confiance et d'amitié avec l'ensemble des parties, a une responsabilité particulière: celle de prendre tous les risques pour aider à trouver une solution et faire renaître l'espoir de paix dans la région", dit-il. "Celui qui ne prend pas le risque d'échouer se prive également de la chance de réussir", fait-il valoir.
Sarkozy n'est pas seul mobilisé
La délégation de l'Union européenne a entamé dès dimanche soir sa mission au Proche-Orient. La délégation est dirigée par le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE depuis le 1er janvier. Elle comprendra également le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays a assuré la présidence tournante au second semestre 2008, et son homologue suédois, qui la prendra en charge au second semestre de cette année. Est également présent Javier Solana, porte-parole de la diplomatie de l'UE. Une délégation du Hamas est aussi attendue au Caire ce lundi.
L'ancien Premier ministre britannique britannique Tony Blair, émissaire du "Quartet" de médiateurs pour le Proche-Orient, a quant lui rencontré dimanche le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak. Parallèlement, la Russie a dépêché dimanche au Proche-Orient le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Saltanov, émissaire de paix du président Dmitri Medvedev pour le Proche-Orient.
(D'après agence)
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