Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak, à Charm-el-Cheikh, le 6 janvier 2009 © TF1-LCIAprès un lundi chargé mais sans succès, Nicolas Sarkozy a enchaîné mardi avec Damas puis de nouveau l'Egypte, pour un ultime essai. Un ultime essai qui semble avoir porté ses fruits : à l'issue de nouveaux entretiens entre Nicolas SArkozy et son homologue Hosni Moubarak, dans la station balnéaire de Charm el Cheikh, à la pointe du Sinaï, l'Egypte a accepté mardi soir d'ouvrir des négociations sur la sécurisation de sa frontière avec la bande de Gaza afin de débloquer un cessez-le-feu dans le conflit entre Israël et le Hamas. C'est la première étape d'un plan de paix présenté par les présidents égyptien et français, grâce auquel "personne n'est humilié, personne ne perd la face", a jugé Nicolas Sarkozy. "La proposition égyptienne a ceci d'important que (...) ce n'est pas un retour au statu quo ante, puisque les Egyptiens sont prêts à travailler sur la sécurité aux frontières, puisqu'une pression est faite pour qu'il n'y ait plus de roquettes qui partent de Gaza", a-t-il souligné.
Après ces déclarations, un responsable palestinien a confirmé mardi soir que le Hamas discutait depuis plusieurs jours au Caire avec l'Egypte d'un plan de trêve avec Israël. Selon ce responsable, le Hamas envisageait d'accepter un tel accord. Le Hamas a formulé quelques remarques et fourni des explications mais toute la question reste en discussion au sein du Hamas, a-t-il ajouté. Quant à Israël, "le président Moubarak invite sans délai, notamment la partie israélienne, à venir discuter de la question de la sécurité des frontières, peut-être dans les heures qui viennent", a précisé Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse commune, à l'issue de ses discussions avec son homologue. "J'ai des éléments très précis qui me permettent de dire qu'une délégation israélienne rencontrera une délégation égyptienne sans délai pour parler de cette question de sécurité", a-t-il ajouté. La fin de la contrebande d'armes à destination du Hamas par la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, notamment grâce à des tunnels, est une garantie exigée par Israël. Le chef de l'Etat égyptien a également demandé l'arrêt des tirs de roquettes par le Hamas sur Israël, a également indiqué le président français.
Sarkozy met en garde contre une résoltion trop hâtive de l'ONU
Nicolas Sarkozy a précisé qu'il avait informé le Premier ministre israélien Ehud Olmert de l'initiative égyptienne et que celui-ci "ne tardera pas à réagir". "J'ai bon espoir que la réaction des autorités israéliennes permettra d'envisager de mettre un terme à l'opération qu'ils ont engagée sur Gaza, c'est-à-dire pas simplement le cessez-le-feu, mais un retrait", a-t-il dit. Selon le chef de l'Etat français, un collaborateur d'Hosni Moubarak a pris contact avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour l'informer de ce plan.
La France ne souhaite pas de résolution hâtive du Conseil de sécurité de l'ONU, a ajouté Nicolas Sarkozy. A l'ONU, le Conseil de sécurité, mis en demeure par les pays arabes de mettre fin au conflit, devait discuter une nouvelle fois de l'offensive israélienne mais sans être en mesure d'adopter une quelconque résolution. Plusieurs chefs de diplomatie arabes et occidentaux, dont l'Américaine Condoleezza Rice, devaient participer à la réunion.
L'appel de Sarkozy à Damas
Alors que les civils sont de plus en plus durement touchés (cliquez ici pour lire notre article) et qu'Israël a une nouvelle fois repoussé mardi matin tout cessez-le-feu sans l'arrêt des tirs de roquettes, Nicolas Sarkozy s'était dans ce contexte rendu tout d'abord à Damas mardi matin pour rencontrer son homologue syrien Bachar al-Assad. Principal artisan du retour de la Syrie sur la scène internationale, le chef de l'Etat compte désormais sur l'aide du n°1 syrien pour faire pression sur le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas. Il a ainsi demandé à Bachar el-Assad de "peser" sur son allié "pour que la paix revienne". "Je suis convaincu que la Syrie peut apporter une contribution importante dans la recherche d'une solution. Le président Assad peut jouer un rôle. Il doit convaincre le Hamas de faire le choix de la raison, de la paix et de la réconciliation", a-t-il expliqué. Le président syrien a de son coté vivement dénoncé l'offensive israélienne et qualifié le blocus de Gaza de "déclaration de guerre" et de "mort lente".
Le locataire de l'Elysée s'est ensuite rendu à Beyrouth pour rencontrer le président libanais Michel Sleimane. Il a ensuite adressé ses voeux aux armées devant les soldats de la Finul, devant qui il a expliqué que la "France devait aider à faire la paix tout de suite" (cliquez ici pour écouter un extrait du discours).
Les Etats-Unis demandent un cessez-le-feu
Outre l'initiative de Nicolas Sarkozy, les consultations diplomatiques se poursuivent tous azimuts. Une délégation du Hamas se trouve ainsi au Caire pour discuter avec l'Egypte, qui veut s'imposer comme un acteur majeur d'un éventuel règlement. Le Conseil de sécurité de l'Onu devrait également se réunir pour avancer vers l'adoption d'une résolution appelant à un cessez-le-feu. Tony Blair estime quant à lui qu'un cessez-le-feu "immédiat" dépend d'une "action claire" permettant de couper les tunnels de contrebande entre l'Egypte et Gaza qui permettent l'approvisionnement en armes du Hamas.
Autre signe de tension : le Venezuela a expulsé mardi soir l'ambassadeur d'Israël. Et pour la première fois, les Etats-Unis demandent un cessez-le-feu qui "soit durable, viable et non limité dans le temps".
L'Egyptien Ayman al Zaouhari, n°2 de la nébuleuse Al Qaïda, estime que l'offensive militaire d'Israël dans la bande de Gaza s'inscrit dans le cadre de "la croisade des Ocidentaux contre l'islam" et accuse le futur président américain Barack Obama d'être complice, dans un enregistrement audio posté sur des sites internet. mardi soir
Obama aura "beaucoup à dire" après sa prise de fonctions |
Barack Obama, dont le silence était pour certains assourdissant depuis le début de la guerre (cliquez ici pour voir la vidéo), s'était dit lundi profondément préoccupé par la crise à Gaza, tout en soulignant qu'il ne voulait pas intervenir dans "des négociations délicates" menées par l'administration sortante. "A propos de la situation à Gaza, je suis tenu au courant tous les jours", avait-il indiqué à des journalistes. |
Retour MYTF1


Chargement en cours...




