Captures de différents sites abordant le conflit à Gaza © DRAprès la guerre sur le terrain, la guerre de Gaza, comme celle d'Irak avant elle, a trouvé son prolongement sur Internet. Profitant de la liberté que laisse le réseau, de nombreux habitants de Gaza, bravant les coupures d'électricité avec l'aide de groupes électrogènes, tentent, tant bien que mal, de raconter leurs conditions de vie -dans un anglais quasi-parfait afin de donner plus de visibilité à leur témoignage pour le reste du monde. Evidemment, il est néanmoins quasiment impossible de vérifier la véracité de ces nombreux récits, ainsi que celles des photos amateurs et des quelques vidéos qui les accompagnent parfois.
Sur le blog collectif Moments of Gaza, Dina Hazem raconte ainsi son passage à l'hôpital de la ville le 6 janvier. "J'aimerais n'y être jamais allée. Je n'arrive pas à décrire les scènes que j'ai vues : il y avait des blessés partout. Certains étaient même soignés sur le sol ou dans les couloirs... Chaque minute, un autre blessé arrivait.. puis un autre... puis un autre... et les plus touchés d'entre eux étaient des enfants. Les cris des enfants ne s'arrêtaient pas un seul instant".
Outre ces scènes apocalyptiques, certains bloggeurs décrivent simplement la vie quotidienne. Sur Lamentations Gaza, Safa Joudeh explique ainsi que pour elle, le 6 janvier était un "jour calme", par rapport aux précédents. "Je me suis réveillée avec l'odeur du pain grillé, vers midi. J'étais restée éveillée une bonne partie de la nuit et j'avais réussi à dormir quelques heures après le lever du soleil". "Après avoir déjeuné avec mes petits frères et soeurs et mes parents -nous avons mangé du pain, du fromage, des oeux et des pâtes réchauffées-, nous sommes sortis sur le balcon. Le soleil était magnifique ! ".
Tsahal en vidéo
Côté israélien, si les membres de la blogosphère, non touchés par les combats, commentent surtout le bien fondé ou non de l'opération "Plomb durci", c'est Tsahal qui a pris les devants sur le net. L'armée israélienne a ainsi créé sa propre chaîne sur un grand site de partage de vidéos. Elle y montre ce qu'elle désire montrer, comme des soldats se préparant à des missions ou le repérage de militants du Hamas via des images de satellite.
Depuis quelques jours, un blog complète ce cyber-dispositif. Le capitaine Benjamin Rutland, porte-parole de l'armée, est chargé de prêcher la bonne parole. Mercredi matin, il a ainsi redit que des militants du Hamas étaient présents dans l'école bombardée la veille à Jabaliya. Et avec son style strict, rappelant la télé soviétique, il pourrait devenir malgré lui une star du web.
Plus de 500 groupes sur Facebook
Les réseaux sociaux sont également un haut lieu de débat. Le consulat israélien à New York a par exemple lancé une discussion sur les mérites de la guerre sur Twitter, attirant plus de 2.500 bloggeurs. Le langage diplomatique n'y a pas sa place, comme le montre cet exemple : "Explore4corners : combien d'attaques y a-t-il eu contre Israël au cours des six derniers mois ? Combien de victimes ?". "Israelconsulate : plus de 500 roquettes ont touché IL (ndlr : Israël) au cours des 6 mois de CF (cessez-le-feu). Dans les dernières 72 heures, plus de 300 ont touché IL, tuant 4 pers et blessant des 100aines".
Et sans surprise, sur Facebook, le roi de ces réseaux sociaux, les groupes de soutien spontanés pro-palestiniens ou pro-israéliens se multiplient -plus de 500 réponses au simple mot-clé "gaza" ! Comptant parfois plusieurs milliers de membres, ils sont en majorité pro-palestiniens. Les propos y sont souvent très (trop) enflammés, à la limite de la légalité, notamment sur la version française, au point que les administrateurs de certaines groupes suppriment d'eux-mêmes quelques messages. Des photos-montages comparent ainsi les soldats israéliens à Hitler, tandis que des groupes se baptisent d'un explicite "Destroy Gaza" ("Détruisez Gaza"). Certains groupes mettent également en ligne des photos insoutenables. Si certaines proviennent d'agences de presse et ne sont pas utilisées par les médias traditionnels, il est difficile d'en vérifier la véracité pour beaucoup d'autres.
Espoir de paix ?
Enfin pour rappeler que la cohabitation entre les deux peuples est possible, deux amis, un habitant de Sderot, la ville du sud d'Israël régulièrement prise pour cible par les roquettes du Hamas, et un réfugié du camp de Sajaia, écrivent un blog commun, intitulé Life must go on in Gaza and Sderot (La vie doit continuer à Sderot et Gaza). Ouvert depuis février 2008, il est néanmoins vide depuis le 2 janvier.
Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien à compter de ce mercredi.
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